RTE renforce ses liens avec le monde académique

20-07-2017

RTE et CentraleSupélec viennent de lancer une chaire de recherche sur les apports des technologies numériques pour les systèmes électriques. L’occasion, avec Patrick Panciatici, conseiller scientifique à la direction R&D de RTE, de faire un tour d’horizon des partenariats noués par l’entreprise avec le monde académique.

Quel est l’objet de la chaire de recherche créée avec CentraleSupélec ?
Patrick Panciatici : Cette chaire, intitulée « Transformation Digitale des Réseaux Electriques », a pour but d’étudier les potentialités offertes par les technologies numériques pour la gestion du système électrique. Elle a un côté novateur, car elle a l’ambition de s’intéresser à des problématiques très transversales, sur un spectre très large : fonctionnalités critiques, robustesse du système, cybersécurité, etc. C’est assez différent des recherches « de niche » que CentraleSupélec mène habituellement. Ce nouveau partenariat académique, directement lié à notre projet d’entreprise, a été signé le 22 juin dernier pour une durée de cinq ans.

 

Quel est l’intérêt, pour l’entreprise, de nouer ce type de partenariat alors qu’elle dispose de ses propres équipes de R&D ?
P. P. : Primo, nous ne pouvons pas travailler de façon efficace sur toutes les thématiques. Secondo, la mutualisation des connaissances et des compétences est source de performance en matière de R&D. Financer des chaires de recherches ou nouer d’autres types de partenariats académiques est un moyen d’inciter les chercheurs à s’intéresser aux thématiques qui nous concernent, de définir l’agenda de recherche et de mobiliser des compétences pointues issues d’autres domaines (mathématiques appliquées, économie…). Enfin, ce faisant, nous créons des passerelles pour organiser des transferts de compétences et attirer de nouveaux talents.

Comment cela ?
P. P. :
Certains de nos salariés peuvent être missionnés pour assurer le suivi de ces recherches. Il nous arrive aussi d’accueillir dans l’entreprise des thésards que nous finançons dans le cadre de la chaire, voire de les embaucher à l’issue de leurs travaux. Tout l’enjeu est de pouvoir capitaliser sur le long terme sur cette connaissance, car c’est une vraie richesse pour RTE.

RTE s’est associé récemment à une nouvelle chaire de recherche créée par SciencesPo. De quoi s’agit-il ?
P. P. :
En effet, L’Ecole urbaine de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris a inauguré le 27 mars une nouvelle chaire consacrée à la transformation des villes au regard de la révolution numérique. Parmi les axes de recherche figure notamment une partie dédiée à l’énergie. Là encore, c’est un partenariat plutôt novateur, car on sort du champ des sciences « dures » pour s’intéresser à des aspects plus sociétaux. Il s’agit de développer une connaissance plus fine des territoires, de leurs enjeux, des attentes de leurs habitants, selon une approche « customer centric » (« centrée client »).

Est-il vraiment intéressant pour RTE de s’intéresser à ces questions ?
P.P. : Oui, car le monde change, et vite. Les changements qui affectent notre environnement s’accélèrent, avec des interactions toujours plus complexes entre un nombre croissant de paramètres. Pour faire simple, dans le secteur de l’énergie, nous sommes passés d’un Etat stratège qui travaille sur la base d’un plan quinquennal à un système décentralisé « massivement multi-joueurs ». Et nous vivons actuellement des évolutions dont on sous-estime encore la portée, comme l’insertion à grande échelle des EnR ou l’introduction des technologies numériques dans la gestion du système électrique. Améliorer notre compréhension de ces nouveaux enjeux est primordial.

RTE soutient plusieurs autres chaires. Sont-elles du même type ?
P.P. :
Pas forcément, mais cela participe de la même logique. Certaines, comme avec l’École Centrale de Lille, l’Université canadienne de Sheerbrooke ou l’École Polytechnique de Montréal sont très techniques, résolument « cœur de métier ». D’autres sont plus « futuristes », comme avec l’École Centrale de Nantes ou l’Université Pierre-et-Marie-Curie. Nous avons aussi un partenariat ancien avec l’Université Paris-Dauphine concernant l’économie du système électrique européen. Ou encore avec l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, avec des retombées très concrètes sur l’insertion paysagère de nos ouvrages (voir le chapitre suivant). Dans tous les cas, il s’agit toujours, d’un côté, d’orienter la recherche vers les thématiques qui nous intéressent – le « soft power » –, et de l’autre de faire progresser les compétences et nos connaissances dans ces domaines.

Mise au vert pour les étudiants de l’ENSP

Dans le cadre de la chaire créée avec l’Ecole nationale supérieure du paysage (ENSP), RTE propose chaque année deux ateliers pédagogiques régionaux aux étudiants de l’école. Ces ateliers de niveau Master traitent des relations entre territoires et énergie, un sujet au cœur du projet d’entreprise. Par petits groupes, encadrés par un paysagiste professionnel, les étudiants travaillent durant un semestre sur un projet concret afin d’explorer des problématiques nouvelles en lien avec les enjeux énergétiques. Les pistes de support pour ces ateliers sont donc multiples : construction d’ouvrages, alternatives à l’enfouissement, insertion paysagère, valorisation des emprises, ou développement de fonctions associées en lien avec les attentes des parties prenantes du territoire. Deux étudiants ont eu l'occasion de travailler dans ce contexte sur l'intégration d'un poste aérien dans un paysage urbain dense.

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