Un travail d’orfèvre au cœur de Bordeaux

24-11-2017

La construction d’un nouveau pont sur la Garonne a obligé RTE à déplacer une liaison électrique souterraine stratégique. Une opération délicate menée en collaboration étroite avec Enedis et Bordeaux Métropole.

Sous le pont Mirabeau coule la Seine… et sous le pont Simone Veil la Garonne. Enfin bientôt, puisque ce nouvel ouvrage entre Bordeaux et Floirac (Gironde) doit être inauguré en 2020. Ce chantier titanesque – le pont fait 550 mètres de long et plus de 40 mètres de large ! – a eu évidemment des conséquences pour les concessionnaires de réseau alentours. "Nous les avons tous réunis fin 2014 pour leur présenter les tenants et les aboutissants de l’opération, se souvient Bertrand Arnauld de Sartre, responsable de ce projet à Bordeaux Métropole. Puis nous avons commencé à travailler avec chacun d’eux pour bâtir un planning d’interventions coordonnées".

Maitriser les risques de coupures d’électricité

Pour RTE, l’opération implique le déplacement d’un tronçon de la liaison souterraine à 225 000 volts  reliant Bordeaux et Floirac. Premier problème : il s’agit d’un ouvrage stratégique pour l’alimentation électrique du centre de Bordeaux, et sa mise hors tension est très contraignante pour le distributeur d’électricité Enedis. Second problème : c’est une liaison " oléostatique " (isolation à l’huile), une technologie ancienne pour laquelle les compétences se font rares. "Nous sommes allés avec notre client Enedis expliquer à nos interlocuteurs de la Métropole le défi organisationnel et technique que cela représentait, raconte Patrick Behiers, en charge de ce projet au centre Développement et Ingénierie RTE de Toulouse. Ils ont parfaitement compris les enjeux, notamment les risques que cela faisait peser sur l’alimentation de l’agglomération, et ils ont aménagé le planning des travaux en conséquence".
"Nos interlocuteurs à Bordeaux Métropole ont parfaitement compris les enjeux, notamment les risques que cela faisait peser sur l’alimentation électrique de l’agglomération." Patrick Behiers, en charge du projet au centre Développement et Ingénierie RTE de Toulouse.

Le "chantier du siècle"

La construction du nouveau tronçon de la liaison électrique souterraine a débuté courant 2016, avec l’appui de l’entreprise SPAC. La deuxième partie du chantier s’est ouverte en mai dernier, avec au programme une opération particulièrement délicate : le déroulage des câbles, assuré par les équipes Câbles du centre de Maintenance RTE de Nanterre. "Nous avons été à pied d’œuvre durant trois mois, explique Jimmy Gouillard, coordonnateur de travaux de RTE. Une bonne vingtaine de salariés issus de nos trois équipes se sont relayés pour mener à bien l’intervention". " C’était un peu le “chantier du siècle”, complète Douglas Bazatte, un autre coordonnateur technique, qui a assuré l’essentiel du suivi des travaux. On ne déroule quasiment plus jamais des liaisons oléostatiques sur une telle longueur, avec des contraintes fortes d’un point de vue technique et en termes de délais". Le chantier a d’ailleurs été l’occasion de former de jeunes salariés, afin de conserver au sein de RTE ce précieux savoir-faire.

Un travail "à la petite cuillère"

Autre opération délicate : la réalisation des jonctions entre les tronçons de câbles, à proximité de la liaison électrique existante sous tension. " Durant cette phase, on a vraiment travaillé à la petite cuillère, souligne Patrick Behiers. Nous voulions éviter tout risque de mettre en danger les équipes sur le terrain ou d’endommager la ligne". La jonction des extrémités du nouveau tronçon avec la liaison existante a été réalisée au cours de l’été. Dans la foulée, les équipes de RTE ont démonté l’ancien tronçon devenu inutile, et le nouvel ouvrage a été mis en service début octobre, conformément au planning. "Intégrer les contraintes et les travaux de RTE dans notre propre calendrier n’était pas une mince affaire, conclut Bertrand Arnauld de Sartre, de Bordeaux Métropole. Mais tout s’est très bien passé, sur la base d’échanges à la fois cordiaux et constructifs avec des interlocuteurs extrêmement professionnels".

     

- 530 Mètres -
C’est la longueur du tronçon de la liaison souterraine à 225 000 volts reliant Bordeaux et Floirac qui a dû être déplacée par les équipes de RTE pour permettre la construction du pont Simone Veil.
 

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