08 novembre 2012

Analyse des scénarios de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité sur l’hiver 2012-2013 : une situation satisfaisante, avec un risque de rupture d’approvisionnement modéré.

La situation prévisionnelle de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité en France continentale présente un risque de rupture d’approvisionnement modéré pour l’ensemble de l’hiver 2012-2013. A conditions météorologiques normales, le recours à des importations ne devrait pas s’avérer nécessaire pour équilibrer la consommation d’électricité. Ce diagnostic résulte d’une stabilité attendue de la consommation et d’une bonne disponibilité du parc de production français, en particulier en novembre et décembre (en hausse de 4 500 à 10 000 MW).

En cas de froid intense et durable (températures inférieures aux normales de 6 à 8°C) ou de dégradation notable de la disponibilité des moyens de production, la satisfaction de la demande d’électricité en France pourrait conduire les fournisseurs à s’approvisionner sur les marchés européens en complément de la mise en œuvre des effacements de consommation sur leurs portefeuilles de clients. Néanmoins, les niveaux d’importation nécessaires évalués à 5 400 MW resteraient compatibles avec les capacités du réseau électrique mises à disposition des importations (capacités comprises entre 7 000 et 10 000 MW selon les conditions rencontrées), sous réserve de la disponibilité de la production en Europe.

RTE réalise chaque année une étude prospective de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité pour l’hiver à venir, sur l’ensemble de la France continentale. Cette saison est en effet caractérisée par de forts niveaux de consommation électrique en ces périodes de températures basses.

L’étude permet d’identifier les périodes de tension sur cet équilibre ; elle explore les leviers à activer par les acteurs du marché de l’électricité et par RTE pour éviter toute rupture d’approvisionnement pendant les pointes de consommation en France.

Le calcul des marges prévisionnelles a été réalisé pour le palier de consommation du matin (9h-12h) et durant la pointe de consommation du soir (19h). En effet, en hiver la puissance au palier du matin est moins élevée que le soir, mais le palier du matin dure plus longtemps. Ce calcul de marges prévisionnelles permet aux acteurs du marché de l’électricité d’avoir une vision plus complète et plus précise de la situation attendue.

Pour l’hiver 2012-2013, l’étude est basée sur des prévisions de consommation d’électricité en très légère croissance par rapport au réalisé de l’hiver dernier, avec une pointe estimée à 84 500 MW la deuxième semaine de janvier, pour des températures conformes aux températures de référence.

Sur la base des derniers éléments transmis par les producteurs, la disponibilité prévisionnelle du parc de production français pour cet hiver est en hausse de 4 500 à 10 000 MW par rapport à l’hiver dernier sur les mois de novembre et décembre du fait d’un planning d’arrêt et de maintenance plus favorable et de l’arrivée de nouveaux moyens de production qui compensent en partie un planning d’arrêt et de maintenance en léger retrait. Ainsi, la disponibilité reste stable sur cette période par rapport à la vision prévisionnelle de l’année dernière.

Avec l’hypothèse de conditions « normales » de température, le solde des échanges devrait rester exportateur sur l’ensemble de la période d’étude, le recours à des importations ne devrait pas s’avérer nécessaire sur cette dite période pour équilibrer la consommation d’électricité en France et satisfaire ainsi les critères de sûreté.

En cas de vague de froid intense et durable (températures inférieures aux normales de 6 à 8°C), les marges prévisionnelles se réduiraient du fait de la forte dépendance du niveau de la consommation électrique aux températures. Selon ces hypothèses, des importations pouvant aller jusqu’à 5 400 MW pourraient s’avérer nécessaires pour équilibrer la consommation d’électricité en France et satisfaire le critère de sûreté, sous réserve de la disponibilité de la production en Europe. La disponibilité de production en Europe devrait rester assez comparable à celle de l’an dernier, à l’exception de la Belgique qui pourrait également se trouver en position importatrice. Cette valeur reste compatible avec les capacités du réseau prévisionnelles mises à disposition des importations et évaluées en coordination avec nos homologues européens (capacités comprises entre 7 000 et 10 000 MW selon les conditions rencontrées).

Dans une telle situation, les fournisseurs du marché français pourraient mettre en œuvre des effacements supplémentaires de la consommation vis à vis de leurs  clients ou s’approvisionner sur le marché européen grâce aux capacités d’interconnexion mises à disposition par RTE. En cas d’évolution significative des hypothèses de cette étude, RTE réactualisera cette analyse prévisionnelle.

Au-delà de ce bilan sur l’équilibre entre l’offre et la demande en France, la région Bretagne et l’Est de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) sont déficitaires en moyens de production et restent des « péninsules électriques » toujours fragiles – malgré les renforcements déjà effectués – en cas de pointe de consommation. RTE poursuit ses initiatives en matière de maîtrise de la demande, à travers la démarche éco-citoyenne Ecowatt, visant à inciter les populations concernées à modérer leur consommation d'électricité en période de pointe hivernale. Selon les conditions d’exploitation, un appel à la modération de la consommation électrique sera lancé à partir du site internet d’information Ecowatt Bretagne ou Ecowatt Provence-Azur.

RTE rappelle que les actions de chacun visant à maîtriser ou réduire la consommation d’électricité contribuent à réduire les éventuelles tensions sur l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité, et améliorent ainsi la sécurité d’alimentation du pays. Elles participent au-delà d’un comportement citoyen qu’il convient d’encourager.

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