05 septembre 2012

Bilan prévisionnel 2012 de l’équilibre offre-demande : la sécurité de l’alimentation électrique assurée jusqu’en 2015

Conformément aux missions qui lui sont confiées par la loi, RTE réalise et publie le bilan prévisionnel de l’équilibre offre-demande d’électricité en France. Cette étude vise à répondre à deux objectifs : réaliser un diagnostic prévisionnel de l’équilibre du système électrique à cinq ans et élaborer des scénarios prospectifs à long terme (15-20 ans). Ces scénarios fournissent le cadre des études menées par RTE sur la sûreté du système, le renouvellement et le développement du réseau de transport.

Bilan prévisionnel 2012

L’analyse prévisionnelle à cinq ans se caractérise cette année par le ralentissement de la consommation en raison de la crise économique ressentie depuis 2011. Il est de nature à atténuer les tensions sur l’équilibre offre-demande en Europe et en France. Mais la crise entraîne également le report de plusieurs projets de production ou l’arrêt anticipé de certaines centrales, jugées non rentables.

Dans ce contexte, la sécurité d’alimentation électrique devrait être assurée jusqu’en 2015, échéance de mise en conformité ou de déclassement des groupes thermiques les plus polluants en France et en Europe. À partir de 2016, elle devient plus tendue, en raison notamment du déclassement de 3,6 GW[1] de groupes charbon et 4 GW de groupes fioul. À cette échéance, la puissance manquante est estimée à 1,2 GW, et à 2,1 GW en 2017 en tenant compte en particulier de l’hypothèse de fermeture des deux groupes de production nucléaire de Fessenheim.

Ces besoins identifiés pour 2016 et 2017 peuvent être couverts par la mise en service à ces échéances de projets suffisamment avancés, de nouveaux projets de moyens de pointe (y compris effacements), des actions d’efficacité énergétique ou le report de fermeture de certaines centrales thermiques à énergie fossile. Pour mémoire, la vague de froid exceptionnelle de février 2012 a conduit à des niveaux de pointe de consommation dépassant pour la première fois le seuil symbolique de 100 GW. Elle souligne bien la sensibilité singulière du système électrique français aux aléas de température et montre que la France doit se prémunir des risques de défaillance en cas d’événement climatique extrême.

L’analyse prospective à long terme illustre l’impact potentiel des principaux leviers disponibles pour faire évoluer le mix électrique français à l’horizon 2030, avec des niveaux de consommation à cet horizon compris entre 470 et 590 TWh[2] selon les scénarios. Même si les premiers effets de la réglementation thermique des bâtiments se font sentir, la maîtrise de la pointe de consommation électrique reste une préoccupation centrale des mesures d’efficacité énergétique. Il convient de réaliser les transferts d’usages énergétiques vers l’électricité tout en assurant la sécurité d’approvisionnement.

Les scénarios analysent une pénétration significative des énergies renouvelables qui conduirait à une proportion de celles-ci dans le mix énergétique deux à trois fois supérieure à la proportion actuelle.

Dans tous les scénarios, le développement du réseau de transport est indispensable pour accompagner l’évolution de la demande et de la production. Ainsi, à l’horizon 2025-2030, plus de 1000 km de nouvelles lignes THT en courant continu souterraines et sous-marines,  plus de 2 000 km de renforcements de réseau électrique existant ou de nouveaux circuits aériens, le quasi doublement des capacités d’interconnexions – entre 21 et 28 GW - seront a minima nécessaires pour accompagner la transition énergétique.

Bilan Prévisionnel 2012

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[1]  1 GW = 1000 MW = 1000 millions de watts = 1 milliards de watts

[2] 1 TWh = 1 térawattheure = 1 milliard de kWh = 1 milliard de kilowattheures

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