Permettre le déploiement des smart grids

Les smart grids permettront à RTE d’accompagner les profondes mutations du secteur électrique, qui rendent l’équilibre offre/demande de plus en plus complexe à maintenir.

Il faut en effet répondre à une demande en constante augmentation et absorber d’importants pics de consommation à partir d’une offre de production de plus en plus décentralisée et intermittente.

Il s’agit donc d’intégrer rapidement et massivement de nouveaux modes de production (éolien, photovoltaïque…), dont l’activité varie en fonction du climat.

Enfin, l’intégration de la France dans le marché européen de l’électricité crée de nouveaux flux d’échanges interfrontaliers, ce qui  élargit les possibilités d’équilibrage tout en multipliant le nombre d’interlocuteurs du secteur.

Pour intégrer ces nouveaux paramètres, le système électrique doit gagner en flexibilité en intégrant toujours plus d’intelligence dans ses infrastructures et son exploitation, RTE agit sur plusieurs leviers :

Optimiser l’infrastructure existante

Compte tenu de la difficulté de construire de nouveaux ouvrages, RTE doit tirer le meilleur parti de l’infrastructure existante et rendre son utilisation plus flexible.

Il s’agit d’optimiser les flux en temps réel en fonction, des besoins des acteurs du marché, , de la météo et des contraintes industrielles (incident sur une ligne, un poste électrique ou une centrale) afin de minimiser les risques de pertes ou de congestion du réseau.


Afin d’assurer un dispatching qui colle au plus près des besoins, RTE intègre et exploite les potentialités des nouvelles technologies. Ainsi la plate-forme IPES1 mise en œuvre par RTE  et installée dans les centres de dispatching de RTE, permet de prévoir la production éolienne grâce au traitement des données météo et des mesures prises sur les parcs. Dans un avenir proche, il sera notamment possible de moduler la production éolienne en fonction du niveau de charge du réseau.

Optimiser les règles de marché

Pour garantir la fluidité et l’équité du marché, il est nécessaire que les acteurs soient soumis à des règles les moins contraignantes et les plus transparentes possibles.

Or, le marché européen de l‘électricité ne repose pas uniquement sur la loi de l’offre et de la demande. Il est soumis à des contraintes techniques spécifiques, qui ajoutent de la complexité au système :

  • Les infrastructures de transport ont des limitations physiques, et ne sont pas « extensibles ».
  • Les énergies solaires et éoliennes, intermittentes par nature, ne peuvent pas faire l’objet d’offres bien calibrées sur le marché.

Il s’agit donc de disposer d’une architecture de marché appropriée qui combine de manière optimale logique économique et contraintes électrotechniques, tout en étant facilement appréhendable par les acteurs concernés. Ce type de mécanisme nécessite des algorithmes d’autant plus évolués que le marché englobe de nouveaux pays.
Plusieurs démarches de couplage des marchés ont déjà été engagées. Elles concernent des zones de plus en plus étendues.

Ainsi, depuis novembre 2010, les gestionnaires de réseaux et les bourses de dix pays2 ont lancé un couplage de marché par les volumes3. Ce marché représente 60% de la consommation en Europe. Il s’agit du plus grand marché électrique du monde.

Un nouveau modèle de marché est également à créer afin d’intégrer les énergies solaires et éoliennes. Le projet européen Optimate, piloté par RTE, vise à élaborer une plate-forme de simulation capable d’évaluer les avantages et inconvénients de différentes architectures de marché intégrant ces énergies.

Intensifier la coordination européenne

Situé au carrefour de quatre « régions électriques », RTE participe à quatre « initiatives régionales européennes » dédiées à l’harmonisation des règles et des outils de gestion des réseaux à l’échelle de chaque région4.

RTE est, notamment avec le gestionnaire de réseau belge Elia, à l’initiative de Coreso, premier centre de coordination technique régional. Cet organisme, créé en 2009 permet de renforcer la coopération entre RTE et son homologue belge mais aussi le britannique National Grid, l’italien Terna et l’Allemand 50Hertz Transmission. Des analyses de sécurité et de surveillance de réseau sont fournies toutes les 15 minutes, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Outre CORESO, RTE travaille de plus en plus avec d’autres gestionnaires de réseau européens pour mener des projets de R&D sur les smart grids, sous l’impulsion de l’Union européenne (7e PCRD, SET Plan).

Soutenir les expériences pilotes en France

Outre ses projets de R&D internes qui concernent strictement le réseau de transport dont il a la charge (Insertion de la Production Eolienne dans le Système, par exemple), RTE  participe a de nombreux projets de R&D, d’expérimentations pilotes (« démonstrateurs ») avec ses partenaires français :

"Premio" : le premier smart grid à l’échelle d’une commune

Dans la région PACA, la commune de Lambesc accueille le premier test grandeur nature de réseau électrique intelligent en France. Ce site-pilote permet de tester une architecture innovante. Une centrale de pilotage commande à distance une trentaine de sites producteurs ou consommateurs d’électricité afin d’optimiser en temps réel la production et la consommation d’énergie.

RTE y teste depuis le dispatching de Marseille des demandes d’effacement.

"Reflexe" : une centrale de gestion informatisée qui regroupe des producteurs d’énergie indépendants connectés au réseau

Basé en région PACA, le projet REFLEXE cherche, via une centrale de gestion informatisée, à identifier les potentiels de flexibilité des consommations et à anticiper leurs comportements. Ceci afin d’établir un modèle qui permette d’équilibrer la demande en fonction des capacités de fourniture d’électricité (et non l’inverse), tout en garantissant le confort et l’usage du système pour tous. RTE y participe en tant qu’expert à la valorisation des nouveaux services.

"Nice Grid" : un éco-quartier solaire intelligent

Ce projet, situé à Carros, en région PACA, vise à concevoir et à tester sur une durée de quatre ans un réseau électrique alimentant un éco-quartier solaire intelligent dans le secteur du résidentiel et du tertiaire. L’objet est de déterminer la façon dont des actions coordonnées peuvent influer sur la réduction de la consommation d’énergie et des  émissions de CO2.

Les axes de recherches se concentrent principalement sur :

  • l’optimisation d’un réseau moyenne et basse tension intégrant une part importante de photovoltaïque,
  • les comportements des consommateurs qui deviennent les acteurs de leur production, consommation et stockage d’électricité,
  • le fonctionnement d’une zone de consommation dotée de moyens propres de stockage d’énergie.

RTE y testera depuis le dispatching de Marseille des demandes d’effacement et participera à la valorisation des nouveaux services.

"GreenLys" : premier démonstrateur à grande échelle offrant une vision globale

Le programme GreenLys vise à tester et déployer pendant deux ans des solutions novatrices sur l’ensemble du système électrique, que ce soit en termes de production décentralisée d’énergie, de réseau de distribution intelligent, ou de gestion de l’énergie chez le client.

Cette expérimentation à grande échelle impliquera près de 1 000 clients résidentiels et 40 sites tertiaires sur deux sites (à Lyon et Grenoble).

RTE y testera depuis le dispatching de Lyon des demandes d’effacement et participera à la valorisation des nouveaux services.

 


 

1: Insertion de la Production Eolienne dans le Système

2: Allemagne, Belgique, Danemark, Estonie, Finlande, France, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Suède

3: Les volumes d’échanges journaliers sont mesurés par un bureau d’enchères, le calcul des prix restant du ressort des bourses locales.

4: Centre-Ouest européen (France, Benelux, Allemagne) ; France-Royaume-Uni – Irlande ; Sud-Ouest européen (France, Espagne, Portugal) et Centre-Sud européen (France, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Slovénie, Grèce)