Avant la nationalisation

Du premier maillage au réseau le plus dense du monde.

Années 1920 : l'idée de service public

Le caractère de monopole naturel du réseau de transport sur le territoire desservi attire l'attention du législateur. Dès 1922, une loi réglemente le transport à haute tension : droit d'engager des travaux sur les propriétés privées, mais devoir d'accepter le contrôle technique de l'administration et son intervention sur les tarifs.

Années 1930 : les initiatives privées et premières interconnexions…

Le maillage passe progressivement du stade régional au stade interrégional. Moins de 7 000 communes étaient électrifiées en 1919, elles sont 36 528 en 1938.
Les grandes compagnies électriques sont amenées à collaborer pour interconnecter leurs réseaux de transport d'électricité, créant à l'occasion des sociétés communes spécialisées. Le début des années 30 voit ainsi la construction des interconnexions de grande capacité (220 kV) entre le Massif central et Paris et entre le Rhin et Paris. A la fin des années 30, la France est dotée d'un grand réseau d'interconnexion à 220 kV et Paris est entourée d'une boucle de 60 kV.

... puis l’intervention de l’Etat au nom de l'intérêt général

Pour ne délaisser aucune région, apparaît le besoin d'un programme d'interconnexion national. En juin 1936, est créé un sous-secrétariat d'Etat à l'Electricité et aux Combustibles solides, confié à Paul Ramadier qui proclame « service public » la fourniture d'énergie. Le 17 juin 1938, Edouard Daladier signe un décret planifiant un programme d'investissement de 3 milliards de francs sur 5 ans.

1945 : une infrastructure puissante

Le réseau de transport d'électricité continue de se développer même pendant la deuxième guerre mondiale : il croît de 30 %, avec notamment les liaisons Alpes-Paris et Pyrénées-Massif central. A la Libération, il est le plus dense du monde, avec 22,5 km de lignes de plus de 100 kV pour 1 000 km², à comparer à 5 pour les Etats-Unis, 15 pour la Grande Bretagne et 18 pour l'Allemagne.
Entre 1923 et 1946, le réseau à très haute tension (110, 120, 150, 220 kV) est passé de 899 km à 12 403 km.