Les lignes souterraines

Un recours accru à la technologie souterraine

Pour comprendre

Utilisation de câbles isolés et modalités d’installation sont deux éléments caractéristiques de la création d’une liaison souterraine. La mise en souterrain des lignes est rendue possible grâce à des techniques pointues et nécessite aussi la prise en compte des contraintes environnementales. Dans ce domaine, RTE a toujours été moteur d’innovation.

Les câbles isolés

Alors que les conducteurs électriques sont «nus» sur les lignes électriques aériennes, ils ont besoin d'un isolant spécifique lorsqu’elles sont souterraines.

Les câbles à isolants synthétiques, dont l’épaisseur augmente avec la tension, constituent la technologie la plus couramment utilisée. La variation de leur composition conditionne leur poids et leur capacité à supporter des intensités plus ou moins élevées.

Les modalités de pose dans le sol

RTE utilise différents modes de pose en fonction de la nature du câble utilisé, du milieu traversé et des obstacles rencontrés. Les plus couramment utilisés sont :

  • la pose en caniveau : les câbles sont placés dans des caniveaux en béton armé remplis de sable et munis d’un couvercle. Cette pose est utilisée lorsque la durée d'ouverture de la tranchée n’est pas contraignante,
  • la pose en fourreau : les câbles sont insérés dans des fourreaux pré-intégrés dans des blocs de béton. Cette technique est adaptée aux passages sous la chaussée ou aux zones du sous-sol fortement encombrées,
  • la pose en mortier maigre : les câbles sont installés directement dans un mortier maigre (mélange de sable, d’eau et de ciment ou de chaux). Cette technique se prête bien à la pose «mécanisée», possible lorsque le sous-sol n’est pas encombré, le plus souvent en zones rurales,
  • la pose en galerie : les câbles sont regroupés dans des galeries souterraines. Ce procédé est utilisé à la sortie des postes de transformation urbains.

S’ajoutent à cela une multitude de techniques adaptées aux franchissements d’obstacles, comme les routes ou les cours d'eau : le microtunnel, le fonçage, les ponts, les puits, le forage dirigé… C’est pourquoi la réalisation d’une liaison souterraine est plus onéreuse qu’une ligne aérienne classique.

Pour aller plus loin

RTE s’est engagé, dans le cadre de son contrat de service public avec l’État, à ce que le réseau de lignes électriques aériennes n’augmente plus, voire diminue. 97% des nouvelles lignes 90 000 V et 63 000 V mises en service entre 2013 et 2015 sont souterraines. Nous nous attachons aussi à «déposer» des lignes électriques aériennes existantes. Avec l’évolution des technologies, nous avons recours de plus en plus souvent à la mise en souterrain de nos lignes à haute tension.

Des contraintes d’exploitation particulières

Les liaisons souterraines méritent des attentions particulières dans leurs exploitations. En cas d’incident, la détection, l’identification et surtout l’intervention d’urgence pour réparer les câbles souterrains peuvent exiger des délais importants. En même temps, les risques d’avaries sont moins élevés que pour les lignes aériennes.

Des impacts environnementaux qui doivent être maîtrisés

Comme toutes infrastructures, les liaisons souterraines à haute et très haute tension ont des impacts sur l’environnement naturel. Leur réalisation nécessite, comme toute autre infrastructure souterraine, la mise en place de précautions adaptées aux particularités environnementales locales. Il s’agit de minimiser les effets sur les sols et sous-sols tels que les glissements de terrain, les inondations ou encore les dégâts inhérents aux travaux. Les modes opératoires mis en œuvre permettent une bonne reconstitution des sols après travaux.

Une mise en œuvre exceptionnelle pour les lignes à 400 000 volts

Sur de longues distances, la mise en souterrain des lignes à 400 000 volts n’est envisageable qu’en courant continu. Les solutions souterraines existantes permettant de transporter l’électricité en courant alternatif sont limitées à quelques kilomètres. La mise en œuvre de liaisons souterraines à 400 000 volts reste donc exceptionnelle. Elles sont utilisées dans des situations très particulières. C’est le cas de la nouvelle interconnexion France-Espagne. Cette technique est toutefois coûteuse et nécessite des stations de conversion aux deux extrémités de la ligne et une resynchronisation au réseau.

  1. 5 457 km

    Plus de 5 000 km, c’est la longueur du circuit souterrain

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