Témoignages
UNE AFFAIRE DE PERSONNES ET DE COMPÉTENCES

Anne Semain-Bandet,
Responsable diversité handicap
à RTE
Où en est l’entreprise en matière d’emploi des personnes handicapées ?
« Notre taux d’emploi de personnes en situation de handicap est passé de 2,6 à 3,2 % dans le cadre du précédent accord. C’est un chiffre encourageant pour une entreprise de notre taille et de notre secteur d’activité. Nous avons l’ambition de le porter à 4 % à l’issue de notre nouvel accord, afin de continuer à nous rapprocher progressivement de la cible des 6 %. »
Quelles sont les grandes lignes de l’accord 2009-2011 ?
« Au-delà de nos objectifs de recrutement et de recours au secteur protégé, nous insistons sur la nécessité de faire évoluer les représentations autour du handicap. Cela peut paraître banal, mais c’est crucial. Notre aspiration, c’est que l’intégration des personnes en situation de handicap dans l’entreprise reste avant tout une question de personnes et de compétences. Pour bousculer les représentations et les pratiques, nous avons innové avec les partenaires sociaux par un dispositif qui permet à tout salarié de RTE de faire reconnaître son handicap (en toute confidentialité s’il le souhaite) au bénéfice d’associations. Il s’agit de donner du sens, une motivation supplémentaire et altruiste, au service de la reconnaissance et de la «dédramatisation» du handicap. »
Sur quoi devons-nous progresser ?
« Il faut continuer à apprendre et à communiquer sur le handicap. La clé, c’est d’en parler, car c’est encore un sujet tabou. Plus nous progressons dans la connaissance du handicap, loin des idées reçues et des généralisations, plus notre approche gagne en naturel et en respect. Quand on réalise que le handicap peut provenir de maladies courantes, comme le diabète, ou tout simplement du vieillissement, on l’appréhende sans doute plus facilement, car il paraît plus proche. Généralement, dans les entreprises, quand des difficultés d’intégration surviennent, les salariés ont collectivement tendance à les associer directement au handicap, alors qu’elles peuvent dépendre d’autres facteurs. Et, à l’inverse, quand tout se passe bien, on tend tout aussi naturellement à « oublier » les handicaps des personnes intégrées dans l’entreprise : on ne voit plus que les professionnels de leur métier, avec leurs compétences. Or, notre objectif, au sein du Groupe national, n’est pas de faire « oublier » le handicap, mais simplement de le prendre en compte et d’essayer de compenser quand c’est nécessaire, possible et raisonnable. C’est important aussi de faire connaître la diversité des moyens à notre portée et la pluridisciplinarité de l’approche (correspondants handicap, partenaires sociaux, médecins du travail, experts...). C’est en confrontant les points de vue que l’on trouve les solutions. »
Blog-debroussaillage-travailleurs_handicapes
envoyé par rte_france.
RECRUTEMENT : LA BASE, C’EST LA COMPÉTENCE

Saïda Mammeri,
Correspondante handicap
à RTE Est
« Sur la durée de l’accord, RTE Est est a un objectif de 3 embauches statutaires. Nous en avons réalisé deux en mars et juin de cette année. Pour recruter si vite, nous avons eu de l’opportunité et de la volonté. Deux postes se sont libérés sur cette période, et les directeurs de Groupes se sont déclarés partants pour l’emploi d’une personne handicapée. Il faut dire que les intégrations précédentes se sont bien passées avec évolution professionnelle à la clé.
Pour recruter les personnes en situation de handicap, le critère de sélection demeure principalement la compétence ! Les procédures sont également identiques pour l’ensemble des recrutements. Seule différence : c’est la Mission RH et moi-même qui assurons le sourcing en lien avec le Groupe Local d’Intégration et de Compensation du Handicap (GLICH), le Cap emploi et le Pôle Emploi. Le cabinet de recrutement, le manager de proximité et le responsable du groupe d’accueil font passer les entretiens classiques. Nous faisons simplement en sorte que la personne soit dans de bonnes conditions pour passer les tests, ce qui peut parfois nécessiter des aménagements. Reste que nous avons plus de difficulté pour trouver des candidats dans le domaine technique. Pour le troisième poste à pourvoir d’ici la fin de l’accord, ce sera un nouveau défi ! »
MIEUX RECOURIR AU SECTEUR PROTÉGÉ, C’EST POSSIBLE.

Stéphanie Besnier et Philippe Pierot,
Correspondants handicap à RTE Sud-Est
« Dans le cadre du nouvel accord, nous avons identifié deux nouveaux projets à confier aux ESAT(1) et EA(2), avec qui nous travaillons déjà pour l’entretien d’espaces verts et la location de salles de séminaires avec restauration. Notre premier projet concerne le débroussaillement de lignes. Un partenariat a été mis en place avec le Service Achats et la Cellule Études Liaisons, afin d’étudier les possibilités d’intervention de l’ESAT. Tous les acteurs se sont fortement investis pour faire aboutir ce projet, et nous remercions en particulier J.-C. Boulanger de la cellule Étude Liaison dont l’aide a été précieuse. C’est grâce au soutien financier de RTE (équipements, heures de formation) et, localement du GET Côte d’Azur (cession d’un 4X4) que l’ESAT s’est lancé en octobre dans cette nouvelle activité. Si ce test est concluant, nous élargirons le cahier des charges en 2010 à tout le réseau Sud-Est. Pour 2010, nous avons un deuxième projet en partenariat avec la filière Achats : développer un partenariat traiteur avec l’un de nos ESAT avec qui RTE Sud-Est travaille déjà… Une affaire à suivre dans la région »
(2) Entreprise adaptée.
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