Interconnexion France-Aurigny-Grande Bretagne (FAB)

En partenariat avec la société FABLink, RTE développe une liaison d’interconnexion à courant continu entre le Cotentin et le sud de l’Angleterre, le projet FAB (pour France – Aurigny – Grande-Bretagne). Il consiste à construire une liaison électrique sous-marine et souterraine en courant continu entre la France et la Grande-Bretagne en passant par l’île d’Aurigny. Composée de deux paires de câbles électriques et d’une station de conversion à chaque extrémité, elle parcourt près de 220 km entre le poste électrique de Menuel dans le Cotentin et celui d’Exeter dans le comté de Devon au sud de l’Angleterre.

Sommaire

L'actualité du projet

L’enquête publique du projet FAB est lancée
20-12-2016

Une commission d'enquête publique a été désignée par le Tribunal Administratif de Caen.

A l'issue d'une première phase d'instruction des demandes d'autorisations administratives qui s'est déroulée au second semestre 2016, une commission d'enquête publique a été désignée par le Tribunal Administratif de Caen. L'enquête publique se tiendra du 19 décembre 2016 au 27 janvier 2017 et permettra ainsi de consulter les différents publics...

Les points clés

  1. 1

    Création d’une liaison double sous-marine puis souterraine

  2. 2

    Création d’une station de conversion permettant de se raccorder au réseau existant 400 kV

  3. 3

    Large concertation avec les acteurs locaux, les services de l’État et le public

Les bénéfices

  1. 1400 MW

    d'échanges supplémentaires possibles

  2. 220 km

    entre Menuel et Exeter. Plus de 200 km de fonds marins analysés en 2014

  3. 100 M€ / an de réduction

    du coût de l’énergie en Europe et une meilleure utilisation des énergies intermittentes

  4. Une implantation

    de la liaison à Aurigny afin de favoriser le raccordement ultérieur de la production hydrolienne

  5. 240 participants

    aux réunions et permanences publiques organisées par RTE courant janvier 2015

Projet FAB

Projet FAB

Le projet FAB permet de mettre à profit la complémentarité des parcs de production existants et futurs de part et d’autre de la Manche et de la Mer du Nord, en intégrant le développement des énergies renouvelables dans les prochaines années.

Les énergies renouvelables représenteront en effet plusieurs milliers de mégawatts dans chacun des deux pays et induiront des flux dans les deux sens : ceux-ci seront très variables selon les conditions climatiques de chacun des pays. Le projet FAB contribuera ainsi à stabiliser le système.

En passant par l’île anglo-normande d’Aurigny, le projet constitue par ailleurs un élément favorable pour l’évacuation de la production hydrolienne prévue dans les eaux d’Aurigny. La liaison aurait ainsi à terme une double fonction : lorsque l’énergie des courants n’utilisera pas ces ouvrages à plein, la capacité restante sera utilisée pour optimiser les échanges d’énergie entre la France et la Grande-Bretagne.

Le raccordement de la liaison est prévu sur le poste 400 kV de Menuel dans le Cotentin, point fort du réseau 400 kV en France, et sur le poste 400 kV d’Exeter dans le Devon en Grande-Bretagne. En France, grâce au renforcement du réseau bas-normand par le projet Cotentin-Maine en 2012, aucun renforcement du réseau amont ne sera nécessaire.

Après une première étape ayant permis de confirmer l’intérêt du projet et les éléments de faisabilité, le projet est entré dans une phase de développement, avec l’objectif de mettre à disposition une capacité supplémentaire de 1400 MW entre 2020 et 2022.

Le 14 octobre 2013, le projet a été déclaré « projet d’intérêt commun » par l’Union Européenne dans le cadre de la législation communautaire sur les infrastructures d’électricité. Le projet FAB est inscrit au Schéma décennal de développement du réseau de transport d'électricité en France (Volet Basse Normandie) ainsi qu'en Grande Bretagne et au niveau européen.

Les différentes liaisons électriques avec la Grande Bretagne

Liaisons électriques existantes et en projet avec la Grande Bretagne

Le 21 novembre 2014, le projet FAB a été sélectionné par la Commission européenne au titre du Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe, et bénéficie à ce titre d’un soutien financier pour réaliser les études nécessaires au développement du projet.

Une large concertation avec les acteurs du territoire

Pour construire son projet avec le plus grand nombre, RTE a mis en place un double processus de concertation et de consultation du public. Ainsi, depuis l’approbation par le Ministère de l’Energie de l’intérêt de l’ouvrage en juin 2014, de nombreuses rencontres bilatérales ont eu lieu avec les acteurs locaux et les services de l’Etat. Le 19 décembre 2014, une première réunion de concertation Fontaineréunissant l’ensemble des parties prenantes a permis de  définir l’aire d’étude du projet.

Début 2015, plusieurs moments d’échange avec le public ont été organisés : quatre réunions d’information pour présenter le projet et les travaux envisagés et échanger sur les propositions permettant d’améliorer le projet, et trois permanences publiques pour recueillir les remarques des habitants et répondre à leurs demandes.  Le bilan de la consultation publique est disponible ici [lien].En parallèle, de nombreuses études environnementales et techniques sont réalisées sur le domaine terrestre et sur le domaine maritime. Pour ce dernier, RTE a fait dresser un état des lieux bibliographique ainsi que des premières surveys du milieu aquatique et des fonds marins, qui couvrent des champs différents : habitat benthique, mammifères marins, activités humaines, caractéristiques géophysiques etc…. Ces données, conjuguées aux  observations et propositions formulées lors de la concertation avec les parties prenantes et le public, ont permis de proposer un fuseau de moindre impact. Ce fuseau a été validé par les participants à la réunion  de clôture de la concertation Fontaine le 20 février 2015. Le dossier de concertation est disponible ici.

Ce fuseau présente des atouts importants. Côté maritime, il permettra de relier Aurigny à la France sur la distance la plus courte possible, en évitant des zones à enjeux et  les zones de plus forts courants. Côté terrestre, la liaison évitera les bourgs et s’appuiera sur les voies de circulation existantes. Une brochure de présentation du fuseau est disponible ici.

La concertation avec toutes les parties prenantes et le public se poursuit tout au long du projet :

  • avant l’enquête publique avec des réunions d’information avec les habitants de la zone d’atterrage sur Siouville-Hague et des riverains de la future station de conversion sur l’Etang-Bertrand, Deux permanences publiques ont ainsi été organisées les 27 et 28 juin 2016. Elles ont permis de présenter le projet de tracé qui sera soumis à enquête publique début 2017 aux habitants des communes traversées. Enfin, une brochure spécifique relative au tracé en mer a été mis à disposition des usagers de la mer
  • lors de l'enquête publique pour décider du tracé de l'ouvrage,
  • pour les conventions avec les propriétaires concernés,
  • pour définir les modalités des travaux
  • en restant à l’écoute des riverains pendant le chantier.

Le Calendrier

L’année 2014 a été consacrée à la réalisation de surveys géophysiques en mer, à l’état initial de l’environnement et à la préparation de la concertation.

Début 2015, la concertation a permis de définir un fuseau de moindre impact. RTE débute ensuite l’étude du tracé de détail, et réalisera les études géotechniques en mer. Le tracé ainsi défini devrait être soumis à enquête publique fin 2016.

Avec une Déclaration d’utilité Publique et une Autorisation d’Occupation du Domaine Public Maritime en 2017, les travaux devraient pouvoir démarrer à partir de 2018, pour une mise en service de la liaison entre 2020 et 2022.

Voir aussi

Étapes du projet

Concertation
Enquête publique
Déclaration d'utilité publique
Projet détaillé et début des travaux
Mise en service

Une large concertation avec l’ensemble des parties prenantes du territoire ainsi qu’avec la population locale, a permis de définir l’aire d’étude fin 2014, puis le fuseau de moindre impact en février 2015. Une trentaine de rencontres bilatérales, deux réunions de concertation sous l’égide de la préfecture, une réunion thématique avec les associations de protections de l’environnement, quatre réunions publiques et 3 permanences locales ont ainsi été organisées. En 2016, la concertation s’est poursuivi à travers l’organisation de réunions bilatérales et de deux permanences publiques.

L’enquête publique se tiendra du 19 décembre 2016 au 27 janvier 2017 et permettra ainsi de consulter les différents publics concernés par le projet FAB. L’ensemble des documents sera disponible sur le site de la préfecture de la Manche via le lien suivant. Les observations pourront être faites en mairies et également à l’adresse suivante: enquete.projetfab@gmail.com

A venir en 2017

A venir entre 2018 et 2020

A venir entre 2020 et 2022

Autour du projet

Parole d'acteur
Parole d'acteur
"Le projet FAB, une pièce essentielle du puzzle"
Christophe Chabert, directeur France d'OpenHydro (filiale de DCNS)

"Combien de Marins se souviennent du passage du Raz Blanchard, entre Aurigny et Cherbourg, de ce courant légendaire qui rend la traversée si complexe… Avec le développement de l’hydrolien, cet obstacle naturel entre l’île d’Aurigny et la France va devenir une opportunité sans précédent pour le développement industriel du Cotentin et d’Aurigny. Cette veine de courant pourrait permettre à terme l’alimentation en énergie de 1,5 million de foyers à partir de fermes situées dans les eaux d’Aurigny. Deux premières fermes pilotes ont été sélectionnées du côté Français. Elles sont destinées à confirmer la pertinence économique de cette technologie et conforter le faible impact sur l’environnement. DCNS, avec la technologie OpenHydro, et EDF EN ont été sélectionnés pour installer et exploiter ensemble sept machines à partir de 2017. En parallèle, OpenHydro et Alderney Renewable Energy (ARE) ont commencé le développement d’une première ferme commerciale dans les eaux d’Aurigny qui comptera 150 turbines de 2 MW chacune et produiront déjà de l’électricité pour plus de 150 000 foyers. Bien sûr, la connexion de ces fermes situées à proximité d’Aurigny au continent nécessite la mise en place de câbles de puissance suffisante et le projet FAB développé par RTE en collaboration avec la société FAB Link Limited (co-entreprise entre ARE et Transmission Investment LLP) apporte la réponse indispensable à ce déploiement hydrolien. Le projet FAB consiste à réaliser une interconnexion électrique entre la France, Aurigny et la Grande-Bretagne. Cette interconnexion permettra l’exportation de l’électricité produite par la ferme hydrolienne d’Aurigny vers les réseaux européens. Elle permettra également l’échange d’énergie entre la France et la Grande-Bretagne. Le projet FAB est une pièce essentielle du puzzle pour le développement d’un des plus importants projets d’énergies marines renouvelables en Europe."

"Un important enjeu pour les énergies marines renouvelables"
François Piquet, directeur général de Ouest Normandie Energies Marines (ONEM)

"L’enjeu que représente de développement des énergies marines renouvelables en Basse Normandie est considérable. C’est un enjeu économique et environnemental. Disposer aux larges de nos côtes d’un potentiel énergétique représentant près de 15% des besoins en électricité de la Basse-Normandie grâce à l'éolien offshore et 200% grâce à l’énergie hydrolienne, cela ne peut pas laisser indifférent ! Surtout lorsque cette énergie inépuisable et prédictible améliore son efficacité et sa rentabilité de mois en mois. Et si l’on considère également que l’exploitation de cette énergie entraine la création d’une nouvelle filière industrielle, synonyme de développement économique et de création de centaines d’emplois directs, tout doit être mis en œuvre pour que les opportunités qui s’offrent à la Basse-Normandie se traduisent par des réalisations concrètes. C’est déjà le cas avec l’éolien offshore avec le Parc de Courseulles dont RTE prépare la connexion au réseau. Deux usines seront construites à Cherbourg pour assembler les éoliennes d’Alstom, soit 500 emplois directs sans compter les 100 emplois qui seront créés sur le site de maintenance de Ouistreham. Pour que le projet hydrolien aux enjeux bien plus importants encore puisse voir le jour, il lui faut trois ingrédients : un gisement énergétique, un port de proximité adapté aux besoins des industriels et un réseau capable de transporter cette électricité. Le Raz Blanchard, avec plus de 3GW exploitables à quelques km de nos côtes, est un atout de premier ordre ; le port de Cherbourg disponible 24h/24 qui mettra à disposition des industriels les surfaces dont ils ont besoin pour s’implanter est le résultat d’un travail d’anticipation mené sous la houlette des collectivités locales : le Conseil Régional de Basse-Normandie, les Départements de la Manche et du Calvados, la Communauté Urbaine de Cherbourg. Ces qualités sont unanimement reconnues. En ce qui concerne le réseau, le rapport de RTE publié fin 2013 est clair : le réseau actuel est capable sans construire de nouvelle ligne très haute tension de transporter 2,5GW issus de ces énergies renouvelables. Mais la ressource énergétique hydrolienne ne s’arrête pas aux eaux territoriales françaises. Elle est équitablement répartie entre les eaux françaises et anglo-normandes. Au large d’Aurigny, ce sont également plus de 3 GW qui peuvent être exploités. La Basse-Normandie peut directement bénéficier de cette opportunité : activité accrue sur Cherbourg, stockage et transformation en hydrogène... Mais Aurigny, Guernesey, Jersey, Serk ne peuvent consommer la totalité de cette manne énergétique. Car au total, c’est bien des besoins de plus de 4 millions d’habitants dont il est question. Il faut un câble sous-marin reliant le continent et le Royaume-Uni, passant par Aurigny. C’est le projet FAB auquel ONEM souscrit pleinement."

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