Les interconnexions au service d’une Europe de l’électricité solidaire
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Projet européen IFA2
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Projet européen IFA2

Les interconnexions au service d’une Europe de l’électricité solidaire

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Depuis près de 25 ans, une Europe de l’électricité intégrée, interconnectée et solidaire s’est peu à peu construite. Résultat : le marché européen de l’électricité est l’un des plus vastes du monde ! 305 000 kilomètres de lignes fonctionnant sur la même fréquence (50 Hz), plus de 400 interconnexions reliant près de 600 millions de citoyens européens. Cette interdépendance, gérée en temps réel par les gestionnaires de réseau de transport (GRT), permet de sécuriser l’approvisionnement en électricité à l’échelle du continent, chaque opérateur pouvant recourir, en cas de besoin, à des moyens de production situés à l’extérieur de ses frontières.
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Cette solidarité européenne et la faculté d'importer de l'électricité permet d’éviter pour chaque pays les risques de coupures d'électricité, l’augmentation de la facture d’électricité et la dégradation des bilans carbone nationaux.
Ces échanges autorisent également le développement des énergies renouvelables, par nature intermittentes et non stockables, dans des conditions de sécurité optimisées. Enfin, ces interconnexions, et le couplage des marchés qui en résulte, permettent au consommateur européen de bénéficier de prix plus compétitifs.

Une solidarité électrique européenne


Exemple : lors de très grands froids, fin janvier 2019, les imports d’électricité produite dans les pays voisins ont permis de couvrir le pic de consommation en France à 19h. A l’inverse, un mois plus tard, en février 2019, à l’occasion d’un fléchissement de la production éolienne en Espagne et en Italie, c’est l’Hexagone qui les a dépannées, enregistrant au passage un record d’exportation, en livrant près du tiers de la consommation instantanée en France.


Cette solidarité repose sur des interconnexions performantes. La France, située au confluent de plusieurs régions européennes, possède déjà 50 liaisons transfrontalières. Pour renforcer le réseau européen, RTE construit de nouvelles interconnexions et consolide ainsi ses capacités d’échanges avec ses voisins.  D’ici à 2035, RTE prévoit de doubler la capacité des interconnexions. 

Des liaisons de haute technologie

Un projet d’envergure est entré en service début 2015 : il s’agit d’une nouvelle ligne d’interconnexion entre la France et l’Espagne, 65 km à l’est des Pyrénées, réalisée entièrement en souterrain et en courant continu. Une première technologique. La ligne permet de doubler la capacité d’échanges entre les deux pays, d’améliorer leur sécurité d’alimentation, et d’optimiser l’utilisation de la forte production éolienne ibérique. Cet ambitieux projet a été piloté par RTE et son homologue espagnol REE, via une société commune (INELFE).

Les deux partenaires développent une nouvelle interconnexion à courant continu, longue de 370 km, en grande partie sous-marine, qui portera à 5 000 MW les capacités d’échanges entre la France et l’Espagne. Ce Projet Golfe de Gascogne, qui reliera à horizon 2026, le poste de Cubnezais (près de Bordeaux) au poste de Gatika (près de Bilbao), a été retenu par l’Europe comme Projet d’Intérêt Commun.

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Galerie technique - Interconnexion France Espagne
Interconnection France - Spain, technical gallery

De nombreux chantiers transfrontaliers


Côté italien, RTE a lancé en 2015 avec son homologue TERNA le chantier de la ligne Savoie-Piémont, soit 119 km de liaison à courant continu entièrement souterraine. Objectif : apporter une réponse durable à la saturation des capacités d’échanges entre la France et l’Italie. Fin 2020, cette nouvelle ligne et l’amélioration du réseau existant permettront d’accroître de 40% les capacités d’export et de doubler les possibilités d’import.


Enfin, un autre grand projet vient d’être initié : Celtic Interconnector, porté par RTE et son homologue irlandais EirGrid, vise à créer une liaison électrique à courant continu, longue de 575 km (dont environ 500 km en mer), permettant l’échange direct d’électricité entre la France et l’Irlande. D’une capacité de 700 MW, ce projet reliera la côte nord de la Bretagne et la côte sud de l’Irlande. Mettant fin à l’isolement électrique de l’Irlande vis-à-vis de l’Europe continentale - un atout dans le contexte du Brexit, cette ligne sera la plus longue liaison sous-marine depuis la France.