Une hausse des investissements pour répondre aux priorités stratégiques du pays
En 2025, RTE a atteint ses objectifs de performance opérationnelle et d’investissements, malgré la survenue de divers aléas ayant perturbé l’exploitation du système électrique et l’infrastructure de réseau elle-même (tempête Benjamin, crues, « mini tornades » dans l’Allier en juin, canicule précoce en juillet, etc.).
Le montant total des investissements s’élève à 3 346 M€, en hausse de 29 % par rapport à 2024. RTE a ainsi plus que doublé ses investissements en 4 ans (+112 %).
45 % du réseau aérien a été construit entre les années 1920 et 1970 : son renouvellement et son adaptation au changement climatique constituent une priorité stratégique et un impératif pour maintenir dans la durée un très haut standard de qualité d’approvisionnement électrique. Il s’agit du premier poste de dépenses de RTE, représentant près de 40 % des investissements annuels (1,3 Md€, soit +17 % par rapport à 2024) et la majorité des dépenses opérationnelles.
La croissance des investissements consacrés à l’électrification de l’économie est particulièrement marquée : les raccordements terrestres et les renforcements associés ont cru de 74 % par rapport à 2024. L’année 2025 a ainsi permis d’enregistrer des avancées majeures : les travaux ont débuté dans les zones industrialo-portuaires de Dunkerque et du Havre conformément au calendrier très volontariste défini en 2022, et plus de la moitié des investissements de raccordement concernent l’industrie (nouvelles usines ou électrification de sites existants) ou le numérique. S’agissant des centres de données, de très nombreux contrats d’accès au réseau ont été signés, et notamment le premier contrat « fast-track » conclu avec Campus IA pour le raccordement accéléré d’un campus d’infrastructures numériques pour une puissance à terme de 1,4 GW associée à un premier palier de consommation mis à disposition dès 2027.
Plus de 200 projets d’électrification dans la grande industrie ou les centres de données ont déjà sécurisé leur accès au réseau, représentant une puissance cumulée de 33 GW. Les investissements conduits par RTE et la réforme en cours des modes de raccordement contribuent à leur concrétisation et à l’effort d’électrification du pays.
En 2026, l’augmentation des investissements dans le réseau se poursuivra : la CRE a approuvé le 26 février dernier le programme d’investissements proposé par RTE. Il consistera à finaliser la croissance du programme de renouvellement pour atteindre 1,5 Md€, poursuivre l’augmentation des investissements pour le raccordement des consommateurs (en particulier dans les trois grandes zones industrielles) et planifier les grands travaux de renforcement de la colonne vertébrale du réseau dans le centre de la France.
Des résultats financiers qui reflètent la croissance de l’activité de RTE
Le nouveau cadre tarifaire de RTE (TURPE 7), entré en vigueur le 1ᵉʳ août 2025, consacre une augmentation de ses moyens pour exécuter ses missions de service public.
À fin 2025, RTE a enregistré un chiffre d’affaires de 6 658 M€, en augmentation de 20 % (1 099 M€) par rapport à 2024. Il résulte :
- à hauteur de 4 787 M€ de recettes d’accès au réseau (consommation des utilisateurs du réseau de transport),
- et de 1 674 M€ de recettes d’interconnexions. Elles sont en hausse de 489 millions d’euros (+41 %) par rapport à 2024 et découlent de la compétitivité de la production d’électricité française et de son excédent par rapport à une consommation atone, qui accentuent les écarts de prix de gros de l’électricité (spreads) entre la France et ses voisins.
L’Ebitda s’élève en fin d’année à 2 371 M€ et le résultat net s’établit à 554 M€. Il s’inscrit ainsi en forte augmentation malgré une hausse des charges d’exploitation (augmentation structurelle des volumes de congestion en France et des actions prises par RTE en temps réel pour assurer l’équilibre du système électrique).
La dette nette de RTE s’élève à 13 Md€, en hausse de 1 Md€* pour accompagner la croissance de l’activité. Le ratio FFO/dette nette s’établit à 9,9 %.
Une stratégie de financement diversifiée
La diversification du financement de RTE avait été érigée comme priorité de l’année 2025, de façon à renforcer la robustesse du modèle économique et accompagner la croissance des investissements. Cet objectif a été atteint, via :
- la réalisation avec succès de deux émissions obligataires, pour un montant total de 1,75 Md€, avec une maturité moyenne de 12 ans et un taux de coupon moyen de 3,55 %. Les deux émissions (1 000 M€ en juillet, avec une première tranche de maturité 4 ans et un coupon de 2,625 %, et une seconde de maturité 20 ans et un coupon de 4,0 %) puis 750 M€ en novembre, avec une maturité 12 ans avec coupon de 3,875 %) ont été très largement sursouscrites (respectivement plus de cinq et trois fois) ;
- l’obtention d’un prêt de 800 M€ de la Banque européenne d’investissement au titre du projet d’interconnexion Golfe de Gascogne ;
- la conclusion d’un premier prêt à hauteur de 1 Md€ alimenté par les fonds d’épargne français avec le groupe Caisse des dépôts (Banque des territoires).
En 2026, l’objectif sera d’accroître le recours à ce type d’opérations, qui témoignent de la reconnaissance de l’importance du réseau de transport d’électricité dans la stratégie de la France et de l’Union européenne pour renforcer leur souveraineté énergétique.
À fin 2025, la maturité moyenne de la dette long terme de RTE est de 10 ans pour un coût moyen de 2,36 %. Le 6 mars 2025, l’agence Standard & Poor’s a noté RTE « A, perspective négative ».
*erratum au 10/04