L'électrification est désormais au cœur de la stratégie industrielle et énergétique de la France. Pour permettre aux entreprises de décarboner leurs activités et de gagner en compétitivité, encore faut-il qu'elles puissent accéder rapidement au réseau électrique. Accélérer les raccordements, investir massivement dans les infrastructures et adapter nos méthodes : c'est la transformation engagée par RTE pour accompagner la réindustrialisation du pays.
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« Notre rôle est de connecter la France à son avenir, devenir l’industriel au service des industriels pour être au rendez-vous de la transition énergétique », souligne Emilie Piette, présidente du directoire de RTE. Cette ambition se traduit par un objectif clair : faire de RTE l'entreprise qui accélère l'électrification du pays. Car sans un réseau robuste, modernisé et capable de raccorder rapidement les nouveaux projets, il n'y aura ni décarbonation à grande échelle ni réindustrialisation durable.

L’électrification : un levier de souveraineté et de compétitivité

Le défi est considérable. Aujourd'hui encore, 60 % de l'énergie consommée en France repose sur des énergies fossiles, essentiellement importées, alors que l'électricité est déjà décarbonée à 95 %

Électrifier nos usages, c'est lutter contre le changement climatique tout en réduisant notre dépendance au pétrole et au gaz. C'est aussi permettre à l'industrie de transformer ses procédés de production pour diminuer ses émissions de CO₂, et de gagner en compétitivité.

Grâce à une électricité décarbonée, abondante (100 TWh exportés en 2025, soit un quart de la consommation nationale) et compétitive, la France dispose d’un avantage réel par rapport à la plupart de ses voisins européens. Parce que l’électricité y est bas-carbone, réindustrialiser le pays revient à décarboner son économie : un cercle vertueux qui se traduit en emplois et en nouvelle dynamique territoriale, dans un contexte international incertain où la souveraineté industrielle devient stratégique.

Raccorder pour rendre l’électrification possible

Pour concrétiser cette électrification, le raccordement au réseau est un enjeu majeur. Aujourd’hui, les demandes sont de plus en plus nombreuses : plus de 200 projets industriels, représentant près de 33 GW de capacité, sont en attente d’un raccordement au réseau haute tension. Il s’agit notamment de datacenters, de sites de production d’hydrogène et d’industries lourdes. À eux seuls, ces projets correspondent à une demande électrique équivalente à près de trois fois la consommation actuelle de l’ensemble du secteur industriel français. 

Si la moitié de ces projets se réalise, les objectifs de décarbonation pourraient être atteints. Le défi est donc d’accélérer les raccordements.

Pour cela, nous nous engageons dans une transformation inédite de notre réseau, avec des investissements massifs, une évolution du cadre de raccordement et un ciblage des zones en tension.

  • Pour désengorger les files d’attente, nous faisons évoluer notre cadre de raccordement. Ainsi, d’ici la fin de l’année 2026, le principe du « premier prêt, premier servi » prendra le pas sur celui du « premier arrivé, premier servi » afin de favoriser les projets les plus avancés.
  • Nous créons des territoires où l’électricité sera rapidement disponible pour de nouveaux projets avec des zones « prêtes à raccorder » :
    • +9 GW d’ici 2029 (la capacité d’accueil triplée) dans les grands pôles industrialo-portuaires (Dunkerque, Le Havre, Fos), afin d’accompagner la sidérurgie décarbonée, les batteries et le numérique ;
    • +5 GW dans cinq zones industrielles de taille intermédiaire (Sud Île-de-France, Sud Alsace, Saint-Avold, Valenciennes-Maubeuge, Port-la-Nouvelle).
  • Nous lançons d’ici la fin de l’année le raccordement « fast track » de cinq projets majeurs de data centers (entre 700 et 2 000 MW). Cette procédure permet d’accélérer le raccordement de consommateurs d’électricité à très haute puissance à la capacité du réseau sur des sites préalablement identifiés par l’Etat à l’horizon 2028-2029.

Notre objectif est simple : offrir aux industriels davantage de visibilité et leur permettre d'investir plus rapidement en France.

Investir pour transformer le réseau

Pour accompagner cette accélération, nous triplerons notre rythme d’investissement annuel d’ici 2030, avec 8 milliards d’euros spécifiquement dédiés à l’électrification des usages.

Raccorder plus de projets, plus vite, ne doit toutefois pas se faire au détriment de la sécurité d’approvisionnement. Les conditions favorables à l’électrification passent donc aussi par la stabilité du système électrique. Cela implique de moderniser le réseau, de renforcer certaines lignes et d’intégrer davantage de production renouvelable, tout en assurant l’équilibre permanent entre l’offre et la demande.

Le réseau devient ainsi un levier direct de compétitivité : investir 94 milliards d’euros d’ici à 2040, comme prévu dans le Schéma de développement du réseau, c’est investir dans l’avenir industriel de notre pays et dans l’emploi. En effet, un emploi créé chez RTE induit sept emplois chez les industriels et les sous-traitants. Au total, ce sont 8 000 à 10 000 embauches qui sont prévues dans la filière industrielle des réseaux électriques d’ici 2030.

Accélérer aujourd’hui pour préparer demain

Répondre à la demande croissante d'électricité décarbonée est un défi collectif qui engage l'ensemble de la filière. En adaptant dès aujourd'hui le réseau et les modalités de raccordement, RTE donne aux industriels la visibilité dont ils ont besoin pour investir, innover et accélérer la transition énergétique.

L’équipe de France de l’électrification

Le 26 mai 2026, le président de la République a réuni au Palais de l’Élysée plus de 200 acteurs de « l’équipe de France de l’électrification » - entreprises, industriels, fédérations et pouvoirs publics. RTE, représenté par la présidente de son directoire Émilie Piette, y a réaffirmé un objectif partagé : accélérer l’électrification des usages par des investissements massifs pour réussir la décarbonation, soutenir la réindustrialisation du pays et réduire progressivement la dépendance aux énergies fossiles.

À cette occasion, RTE a signé avec les membres de la Filière Industrielle des Entreprises des Réseaux Électriques (FIERE) un pacte visant à créer les conditions durables de l’électrification du pays. Cette feuille de route commune doit accompagner la filière industrielle, ses fournisseurs et sous-traitants en mobilisant les ressources nécessaires (investissements, recrutements, production et approvisionnement) afin d’atteindre les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) et du plan national d’électrification.