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Ouvrage RTE hiver

Niveau de vigilance sur l’approvisionnement en électricité rehaussé pour le mois de janvier, mais conditions météorologiques favorables sur le début du mois a minima

Sécurité approvisionnement
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Niveau de vigilance sur l’approvisionnement en électricité rehaussé pour le mois de janvier, mais conditions météorologiques favorables sur le début du mois a minima.
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Evolution de la situation depuis la première analyse de la sécurité d’alimentation en électricité pour l’hiver 2021-2022 le 22 novembre 2021

 

Durant la première partie de la période hivernale (jusqu'au fêtes de fin d'année) et conformément à ce qui avait été anticipé en novembre, l'approvisionnement en électricité a été assuré dans des conditions normales. 

Depuis, la crise énergétique européenne s’est accentuée avec une poursuite de l’envolée des prix du gaz, qui a entraîné ceux de l’électricité (pour ce qui est des prix observés sur les marchés européens d’échange d’électricité). Même si le système électrique français dépend peu des énergies fossiles, il est fortement interconnecté avec ses voisins et donc concerné par cette envolée des prix, alors que la France est habituée à des prix de l’électricité beaucoup plus bas. 

Cette situation a été accentuée, en France, par des épisodes de faible production éolienne au cours de ces derniers mois, mais surtout par l’indisponibilité simultanée de nombreux réacteurs nucléaires. La disponibilité d’ensemble du parc se situe ainsi, depuis plusieurs semaines, en deçà des minima historiques et notamment de l’année passée, ce qui contribue à l’augmentation des prix de marché. Dans ces conditions, la France se trouve fréquemment en situation d’import d’électricité depuis le mois de novembre, alors qu’elle est traditionnellement exportatrice. Des niveaux très importants d’imports, proches des capacités techniques maximales, ont par exemple été enregistrés les 20, 21 et 22 décembre 2021.

S’agissant de la consommation des entreprises et des ménages, les niveaux de prix observés ne conduisent pas, à date, à déceler une diminution significative par rapport à la dernière prévision. RTE maintient donc son évaluation de novembre (c’est-à-dire un niveau inférieur de 1 à 2% à celui d’avant la crise sanitaire).

S’agissant de l’offre, le calendrier des opérations de maintenance des réacteurs qui composent le parc nucléaire français était identifié de longue date par RTE comme particulièrement chargé pour l’hiver 2021-2022 et a par ailleurs été perturbé par les répercussions des confinements de l’année 2020. Enfin, la prolongation ou la mise à l’arrêt des quatre réacteurs des sites de Chooz et Civaux (palier N4) annoncée par EDF le 15 décembre en lien avec l'ASN suite à la détection d’anomalie à proximité des soudures dans le circuit d’injection de secours, prive le système électrique d'une puissance pilotable de 4,5 GW par rapport à la capacité attendue au cours du mois de janvier. 

La disponibilité prévisionnelle du parc nucléaire français est désormais évaluée par RTE dans une fourchette comprise entre 43 et 51 GW pour la majeure partie de janvier: il s’agit du niveau le plus bas jamais atteint pour le parc nucléaire à cette période de l'année.
 

Diagnostic réactualisé

 

Ces éléments conduisent RTE à renforcer son diagnostic de vigilance pour le mois de janvier a minima et à se préparer à exploiter le système en situation dégradée.

A ce jour, le diagnostic met en évidence que le recours à des moyens « post-marchés » (interruption de grands consommateurs industriels, baisse de la tension sur les réseaux de distribution) serait probable en cas de vague de froid (de l’ordre de 4°C en dessous des normales) ou de situation de très faible production éolienne sur la plaque européenne, et quasi-certain si ces deux facteurs se combinent. 

En dernier ressort, le recours à des coupures ciblées de consommateurs demeure une solution à laquelle RTE devra potentiellement recourir en cas de conditions météorologiques difficiles (vague de froid durant plusieurs jours couplée avec une absence de vent en France et dans les pays voisins) ou de nouvelle dégradation des capacités de production, notamment nucléaires. Il ne s’agit néanmoins en rien de situations de «blackout» impliquant une perte généralisée de l’alimentation électrique sur le territoire, mais d'une opération contrôlée par RTE et mise en œuvre par les distributeurs en lien avec l’administration territoriale de l’Etat, qui a un impact localisé et limité dans le temps (2h maximum consécutives), épargnant les consommateurs sensibles (en particulier le secteur de la santé).

Sur la base des dernières prévisions pour janvier, la survenue de tels épisodes météorologiques (notamment de vague de froid sévère) apparaît très peu probable pour le début du mois, et peu probable pour la suite du mois (mais avec un degré d’incertitude plus élevé). Le risque de délestage est donc pour l’essentiel écarté pour début janvier a minima. Il pourra être levé progressivement au fur et à mesure que les analyses météorologiques plus précises (typiquement d’une semaine pour l’autre) confirmeront cette perspective mensuelle.
 

Dispositif Ecowatt

 

RTE communiquera régulièrement sur l’évolution de la situation par l’intermédiaire du dispositif Ecowatt (www.monecowatt.fr). 

Ce dispositif permet, d’une part, d’informer les consommateurs sur l’état du système électrique, avec notamment deux signaux d’alerte (au-delà des signaux vert et jaune, lesquels ne décrivent pas de situation problématique vis-à-vis de l’équilibre du système) :

  • le signal orange signifie que le système électrique est dans une situation tendue, et que les actions citoyennes de modération de la demande sont les bienvenues pour soulager cette situation ;
  • le signal rouge signifie que le système électrique est dans une situation très tendue, et que des coupures sont inévitables sans actions citoyennes de modération de la demande. 

Le dispositif Ecowatt détaille, d’autre part, les différents gestes à la portée de chacun pour réduire sa consommation par des actions simples : démarrer ses appareils de lavage en heures creuses (après 20h), limiter le nombre de lumières dans les pièces, ne pas laisser d’appareils en veille toute la journée, diminuer la consigne de température des installations de chauffage, etc. Ces gestes simples, s’ils sont mis en œuvre par le plus grand nombre (ménages, entreprises, établissements publics), peuvent constituer un apport notable pour réduire la tension sur l’équilibre du système.