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RTE s’engage pour la diversité

Institutionnel
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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, qui a lieu le 8 mars, nous avons interviewé la présidente du CIGRE Women in Engineering France, Claire Lajoie-Mazenc. Ce réseau favorise l’accès des femmes aux métiers techniques et aux postes à responsabilité au sein du secteur de l’énergie.
Paragraphes

Pourquoi Women in Engineering a-t-il été créé ?

 

Claire Lajoie-Mazenc, présidente du réseau CIGRE Women in Engineering France et conseillère scientifique chez RTE : Ce réseau a été créé par le CIGRE (Conseil International des Grands Réseaux Électriques), une association mondiale incluant tous les acteurs des grands réseaux électriques, en raison de la surreprésentation d’hommes d’âge mûr dans ses instances. Deux initiatives ont alors été mises en place : Next Generation Network à destination des jeunes et Women in Engineering à destination des femmes.

 

Chaque comité national du CIGRE est encouragé à développer des dispositifs facilitant l’insertion des femmes. En France, il a été créé en 2016 à l’initiative de RTE. À la suite d’une conférence du CIGRE sur ce sujet, j’ai proposé à Olivier Grabette, directeur général adjoint Prospective, Expertise et Solutions et également Président du Comité national français du CIGRE, de créer la branche française du réseau Women in Engineering. Les grands acteurs du secteur de l’électricité de notre pays ont adhéré à cette idée et nous avons pu lancer ce réseau en France. En plus de RTE, il réunit plusieurs entreprises : EDF, Enedis, Siemens, General Electric, Schneider Electric, ABB…, et des écoles telles que l’École Nationale Supérieure des Techniques Avancées (ENSTA Paris Tech) ou encore l’École Nationale Supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et télécommunication de Toulouse (N7).

 

Quel est son objectif ?

 

Par l’intermédiaire de ce réseau, nous voulons diversifier les profils présents au sein du secteur de l’énergie. Notre objectif n’est pas d’atteindre avec des mesures contraignantes une stricte parité entre les hommes et les femmes, qui serait artificielle, mais plutôt d’offrir aux femmes davantage d’opportunités professionnelles. L’industrie de l’énergie a besoin d’une plus grande diversité de profils, y compris pour les métiers « traditionnels » de ce secteur. Nous sommes aujourd’hui dans une période charnière avec la transition énergétique. Nous avons donc besoin de tout le monde pour faire émerger des idées nouvelles et développer une énergie plus respectueuse de la planète. Women in Engineering France n’est d’ailleurs pas une association réservée exclusivement aux femmes. Notre bureau central compte trois hommes sur une douzaine de membres.

 

Quels types d’actions menez-vous ?

 

Nous réalisons des actions de partage d’expérience et de sensibilisation afin d’encourager les femmes à s’orienter vers les métiers techniques et à y faire carrière. Nous intervenons d’une part dans des établissements scolaires et universitaires pour présenter les métiers de l’énergie auprès des étudiants.

 

D’autre part, nous organisons régulièrement des conférences au sein des entreprises. Par exemple, nous avons invité l’année dernière à RTE un professeur de philosophie, une psychologue et des dirigeants pour évoquer le regard porté par la société sur les différences liées au genre au cours d’un événement ouvert à tous. Le but était de provoquer une prise de conscience sur nos propres préjugés qui peuvent se traduire par des attitudes différentes vis-à-vis d’une femme ou d’un homme, voire engendrer des discriminations.

 

Pensez-vous qu’il existe aujourd’hui plus de parité au sein des métiers techniques grâce au travail de sensibilisation effectué ces dernières années ?

 

C’est un processus qui prend du temps. Il faudra attendre encore plusieurs années avant d’avoir une part plus importante de femmes dans ces métiers. Néanmoins, nous sommes sur la bonne voie, car la place des femmes dans les secteurs d’activité considérés hier encore comme « masculins » et dans les comités de direction est devenue un sujet de société.

 

Au-delà de la question de la parité, c’est la diversité, qu’il s’agisse du genre, de l’âge, du milieu socio-professionnel, qu’il faut soutenir, parce qu’elle constitue la richesse d’une entreprise.

 

D’autres actions dans le cadre de Women in Engineering France seront-elles prévues dans les mois à venir ?

 

À RTE, nous lançons une action pour mieux comprendre et dépasser les freins ressentis par les femmes, qui peuvent avoir des conséquences négatives sur leur carrière.

 

Nous renforçons notre collaboration avec des associations et des organismes à l’étranger afin d’encourager la féminisation du secteur de l’énergie partout dans le monde. Nous envisageons par exemple d’accueillir des stagiaires indiennes dans notre entreprise pour leur faire découvrir nos métiers.

Depuis deux ans, RTE contribue effectivement aux actions de l’association WePower, co-pilotée par la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, qui promeut l’accès des femmes aux métiers techniques au sein des huit pays d’Asie du Sud.

 

Pour en savoir plus: 

À (re)lire l’article « Trois collaboratrices, trois métiers, une même passion »