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L’essor de la voiture électrique risque-t-il de faire exploser la consommation d’électricité ?

La recharge des véhicules électriques devrait représenter 12 à 15 % de la consommation totale en 2035, soit moins que l’augmentation de la consommation française entre 2000 et 2010. L’essor du véhicule électrique est même une opportunité pour accélérer la transition énergétique. En effet, un véhicule reste immobile 95 % du temps, ce qui permet d’utiliser sa batterie comme stockage d’énergie pour alimenter un logement ou pour soutenir le réseau (le potentiel du V2G, vehicle to grid ou la réinjection dans le réseau, est confirmé, mais pas encore déployé à grande échelle). À l’inverse, la recharge peut être décalée au moment où l’électricité est abondante, par exemple en début d’après-midi grâce à l’énergie solaire.

Ainsi, la recharge intelligente (smart charging) et le V2G deviennent des leviers permettant de stocker et d’intégrer davantage les énergies renouvelables, et de lisser la consommation.

Mon véhicule électrique émet-il moins de CO₂ qu'un véhicule thermique ?

Une voiture électrique n’émet aucun CO₂ à l’usage. Toutefois sa construction, elle, en émet davantage qu’une voiture thermique car la production de batteries consomme de l’énergie et des matières premières. En France, grâce à un mix électrique bas carbone, un véhicule électrique devient ainsi plus vertueux que son équivalent thermique après avoir parcouru entre 15 000 et 25 000 km, selon la taille de la batterie. Le véhicule électrique présente d’autres avantages, notamment celui de ne pas générer de pollution atmosphérique et d’être silencieux. Un bilan positif pour le climat et notre santé !

Le secteur des transports est-il celui qui émet le plus de gaz à effet de serre ?

Les secteurs d’activité les plus émetteurs sont actuellement les transports (34 %), l’agriculture (20,6 %), l’industrie manufacturière et le secteur de la construction (16,9 %) ainsi que le bâtiment (15,5 %). Cependant, le secteur des transports s’est engagé à atteindre 0 % d’émission d’ici 2050, grâce à une amélioration de sa performance énergétique et au remplacement de tous les véhicules légers au pétrole par des véhicules bas-carbone. Pour le transport aérien, maritime ou pour les poids lourds, l’utilisation de biocarburant et la conversion à d’autres technologies bas carbone (hydrogène notamment) seront privilégiées. Enfin, la maîtrise de la demande de transport reposera sur la mise en place de circuits courts, le recours au covoiturage, aux transports en commun, au vélo, etc.

La consommation des véhicules électriques aggravera-t-elle la pointe de consommation en hiver ?

Selon nos dernières projections, 20 à 25 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables pourraient circuler en France d’ici 2035, et 33 à 38 millions en 2050. Le système électrique pourra absorber cette nouvelle demande mais la recharge représente un enjeu important, notamment lors des périodes de forte consommation hivernale. 

La bonne nouvelle, c’est que cette consommation est hautement flexible. La recharge d’un véhicule électrique fonctionne comme une forme de stockage différé : l’énergie est prélevée à un moment donné et utilisée plus tard grâce à la batterie. Cette flexibilité permet de décaler la recharge en dehors des heures de pointe, comme on le fait depuis les années 1980 pour les ballons d’eau chaude, grâce aux heures creuses.

Ainsi, une gestion optimisée de la recharge constitue un levier essentiel pour éviter d’accentuer les pointes électriques hivernales et renforcer la flexibilité du système électrique.

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