L’État s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Cela implique notamment d’abandonner les carburants fossiles, donc les véhicules thermiques « classiques ». Le défi est de taille : 37,5 millions de voitures diesel et essence étaient encore en circulation en 2025. Peut-on les remplacer toutes, à temps, par des modèles électriques ? Et cela suffira-il ? Réponse en données clés.
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Zéro voiture thermique en 2050 : sommes-nous sur la bonne trajectoire ?

Au 1ᵉʳ janvier 2025, sur les 39,7 millions de voitures en circulation en France :

  • 94,5 % roulaient à l’essence ou au diesel ;
  • 2,9 % seulement étaient des véhicules 100 % électriques ;
  • 1,8 % étaient hybrides rechargeables ;
  • 5,5 % utilisaient les énergies alternatives (hybrides non rechargeables, GPL, E85, GNV…).

Nous sommes encore loin des 95 % de véhicules électriques attendus dans tous les scénarios présentés dans nos « Futurs énergétiques 2050 » ! Mais la dynamique s’accélère. Le défi reste immense : le parc automobile français est l’un des plus importants d’Europe.

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Graphique de l'évolution du parc automobile entre 2021 et 2050 (objectifs) (transcription ci-après)

Il y a cependant deux raisons d’être optimistes : la part des véhicules électriques (VE) et des véhicules hybrides rechargeables (VHR) dans les ventes de véhicules est passée de 3 % en 2019 à 20 % en 2025. Les véhicules thermiques neufs seront interdits à la vente à partir de 2035.

Cela permet à RTE d’envisager, selon les scénarios, entre 8 et 14 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables en circulation dès 2030 (dont environ deux tiers de VE), et entre 33 et 38 millions en 2050 (presque exclusivement des VE).

Pourquoi opter pour la voiture électrique ?

1 / Atouts environnementaux

À l’usage, la voiture électrique n'émet pas de CO₂ par kilomètre parcouru, alors que les voitures diesel ou essence émettent en moyenne 120 à 150 gCO2eq/km.

Sur l’ensemble de son cycle de vie, un véhicule électrique émet deux à trois fois moins de CO₂ qu’une voiture thermique en France, grâce à un mix électrique très bas carbone.

2 / Atouts économiques pour le consommateur

Selon les données gouvernementales, le coût annuel pour 12 000 km est estimé à 360 euros pour une voiture électrique, contre 1 200 à 1 500 euros pour un véhicule diesel en 2026. 

En outre, son rendement énergétique (l’efficacité avec laquelle un moteur utilise l’énergie qu’il consomme) est bien supérieur : 90 % pour un moteur électrique contre 30 % pour un moteur thermique.

3 / Une technologie mature permettant un déploiement immédiat

Plus de 168 000 points de recharge sont ouverts au public en France au 1ᵉʳ janvier 2025, devant atteindre 400 000 en 2030, selon le ministère de l’Économie.

Toutes les aires d’autoroute sont désormais équipées de bornes de recharge rapide, offrant la possibilité de faire le plein électrique tous les 50 km environ, tandis que la recharge haute puissance (150–350 kW) se généralise.

4 / Des perspectives en termes de flexibilité pour le réseau électrique

Une partie de l’énergie des batteries des véhicules électriques à l’arrêt pourrait être restituée au réseau pour alimenter d’autres usages pendant les pointes de consommation électrique. 

C’est ce qu’on appelle le vehicle-to-grid (V2G).

2 % du parc de véhicules électriques participant au vehicle-to-grid en 2050 permettraient d’injecter sur le réseau une puissance de l’ordre de 1,7 GW (soit presque autant que deux réacteurs nucléaires).

Quelques points de vigilances néanmoins

Un essor très rapide de la mobilité électrique, comme des autres filières de la transition énergétique, risque d'avoir des répercussions sur :

  • l’approvisionnement en minerais (cobalt, lithium, nickel, cuivre, terres rares…) ;
  • l’impact environnemental lié à l’exploitation de plus grands volumes de ces minerais ;
  • la dépendance accrue vis-à-vis de pays politiquement instables pour l’extraction (notamment la RDC pour le cobalt) ;
  • le monopole de la Chine dans le raffinage de certains de ces métaux (jusqu’à 90 % pour les terres rares notamment) ;
  • les arrêts dans la production de véhicules électriques, dus à des pénuries de métaux, entrainant une augmentation du prix des modèles qui auront réussi à être fabriqués.

Quels leviers face aux enjeux de la mobilité électrique ?

  1. Accroître l’efficacité des moteurs.
  2. Développer des batteries moins gourmandes en métaux.
  3. Favoriser le pilotage des recharges des véhicules en fonction des pointes de consommation.

Conclusion

Nous ne pourrons pas atteindre la neutralité carbone en 2050 sans une électrification de la mobilité, mais aussi et avant tout sans efforts pour réduire le nombre de déplacements et de véhicules en circulation.

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