L’État s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050. Cela implique une réduction massive des émissions de CO₂, la sortie des énergies fossiles et l’accélération de l’électrification des usages (industrie, transports, bâtiment), ce qui entraînera une forte hausse de la demande en électricité. Le défi est donc de produire davantage d’électricité décarbonée. Pourquoi cela doit-il nécessairement passer par un développement significatif des énergies renouvelables (EnR) ? Réponse en data-clés.
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Panneaux photovoltaïques bannière

Pourquoi le développement des EnR est-il incontournable ?

Dans notre étude Futurs énergétiques (2022) nous avons envisagé six scénarios de production électrique pour 2050.

Tous reposent sur un développement important des énergies renouvelables (EnR) qui sont majoritaires dans tous les scénarios, même avec un programme nucléaire massif. 

Celles-ci représenteront entre 87 et 100 % du mix électrique français en 2050, selon le scénario retenu (vs. 21,5 % en 2019).
Autrement dit, il serait nécessaire d’installer entre 150 et 344 GW d’EnR d’ici 2050.

Pourquoi autant d’énergies renouvelables ?

Sur les 57 réacteurs nucléaires en activité en 2026, une grande partie, construite dans les années 1980, devra fermer pour raison industrielle à l'horizon 2060, avec un effet plus marqué autour de 2040.

Dans sa Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), l’Etat a acté la construction de six nouveaux réacteurs EPR2, avec une mise en service attendue à partir de 2038, avec la possibilité d’en construire davantage après 2035.

En outre, la vision industrielle la plus ambitieuse traduite dans le scénario N03 consistait en :

  • la construction de 14 nouveaux EPR,
  • le développement de petits réacteurs modulaires (SMR),
  • le prolongement de la durée de vie de l’essentiel des réacteurs actuels jusqu’à soixante ans, voire au-delà pour certains, sous réserve de remplir toutes les conditions de sûreté requises. 

Ce parc nucléaire pourrait produire de l'ordre de 325 TWh en 2050.

Or, la PPE3 prévoit une demande électrique de 618 TWh en 2035. Tout en actant une relance du nucléaire, elle ne réduit pas le rôle des EnR qui restent indispensables pour atteindre les volumes de production d’électricité décarbonée. 

Sommes-nous sur la bonne trajectoire ?

En 2026 le parc d’EnR représente une puissance installée de 84,2 GW, avec :

  • 25,7 GW d’hydraulique
  • 23,9 GW d’éolien terrestre
  • 1,9 GW d'éolien en mer avec la mise en service de six parcs
  • 30,4 GW de solaire
  • 2,3 GW de bioénergies.
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Dans sa PPE 3, l’État prévoit de développer les énergies renouvelables de manière réaliste, maîtrisée et compatible avec les territoires afin d’avoir 60 % d’énergie d’origine décarbonée en 2030 et 70 % en 2035.

Concrètement, à l'horizon 2035 la PPE prévoit :

  • d’augmenter la capacité d’hydraulique de +2,8 GW en incluant notamment des stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) ;
  • de multiplier par trois la puissance photovoltaïque installée ;
  • d’atteindre 15 GW de puissance d’éolien en mer ;
  • de maintenir le rythme actuel de développement de +1,3 GW/an d’éolien terrestre. 

L’atteinte de l’objectif de neutralité carbone en 2050 dépend donc entièrement de la capacité à accélérer le raccordement des EnR et l’électrification des usages.

Qui décide du développement des EnR ?

L’État fixe les objectifs à atteindre en termes de mix énergétique, via la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), et lance des appels d’offres pour soutenir les différentes filières (solaire, éolien terrestre et marin…).

Les installations sont construites par des acteurs privés, après études d’impact, concertations préalables et de nombreuses autorisations administratives prévues par les codes de l’Environnement et de l’Énergie.

RTE et les gestionnaires de réseau de distribution ne décident pas de l’installation ni de la localisation des nouveaux moyens de production, mais ils ont pour mission de :

  • les raccorder au réseau électrique français ;
  • de préparer leur insertion au sein du système électrique.

Une filière d’avenir pour la France

De même que la relance du nucléaire créera de nouveaux emplois, la filière EnR a créé, selon les études du Syndicat des énergies renouvelables (SER) (PDF - 1,4 Mo), près de 428 000 équivalent temps plein (ETP) directs ou indirects en 2024.

Les EnR pourraient en outre générer une valeur ajoutée brute supérieure à 21 milliards d’euros en 2028.

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