Électricité verte : de quoi parle-t-on ?
Les offres « vertes »
Presque tous les fournisseurs d’électricité proposent des offres « vertes ». En y souscrivant, vais-je recevoir chez moi de l’électricité 100 % verte ? Évidemment non. Il est en effet impossible d’orienter telle ou telle production d’électricité, d’origine renouvelable par exemple, vers tel ou tel client.
C’est le principe même du système électrique : tous les moyens de production d’électricité alimentent le réseau qui dessert les clients. À un instant donné, tous les consommateurs raccordés au réseau électrique français reçoivent la même électricité, issue d’un mix de production unique, quel que soit leur fournisseur ou le type d’offre souscrite. À noter : en moyenne sur l’année 2025, la part d’électricité d’origine renouvelable s’est élevée à 27 % de la production électrique nationale.
Alors comment les fournisseurs peuvent-ils nous promettre de l’électricité 100 % verte ?
Le principe est simple, il repose sur un engagement du fournisseur. Dans un contrat d’électricité verte, celui-ci garantit à son client qu’une quantité d’électricité renouvelable équivalente à sa consommation a été injectée sur le réseau. Autrement dit, le fournisseur s’engage à acheter un volume d’électricité renouvelable égal à la consommation de son client et à le mettre sur le réseau.
Les garanties d’origine
Comment en être sûr ? Grâce aux garanties d’origine. Certificats électroniques délivrés aux producteurs, ces « garanties d’origine » assurent, au niveau européen, la traçabilité administrative de l’électricité verte. En outre, l’ADEME, agence de la transition énergétique, décerne le label VertVolt en fonction du niveau de l’engagement des fournisseurs à rémunérer des producteurs d’énergies renouvelables en France. À savoir : quel que soit le type d’offre souscrit, nos factures d’électricité précisent la répartition des sources de production de l’électricité que notre fournisseur a vendue au cours de l’année précédente, en particulier la part de l’électricité d’origine renouvelable.
Il est donc indéniable qu’en optant pour une offre « 100 % verte », nous contribuons au développement des énergies renouvelables, notre fournisseur s’engageant à en acheter, donc à financer un volume équivalent à notre consommation. Ajoutons que tous les consommateurs d’énergie participent à ce soutien, indirectement, au travers de taxes appliquées sur les énergies fossiles, les taxes intérieures de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et le charbon (TICC). Une partie des recettes de ces taxes alimente un compte d’affectation spéciale « Transition énergétique » qui finance les énergies renouvelables.
Peut-on pour autant en conclure qu’avec ce type d’offre « verte » notre recours à l’électricité se déroule désormais sans impact pour l’environnement ?
La réponse est à nuancer. Pour deux raisons principales. D’abord, la production de toute énergie, y compris issue du solaire photovoltaïque, de l’éolien ou des barrages hydrauliques nécessite d’extraire des matières premières, de les transporter, de les transformer et de gérer leur fin de vie. Ces étapes entraînent des émissions de CO₂ et de gaz à effet de serre, même si celles-ci restent nettement inférieures par rapport aux énergies fossiles.
Ensuite, l’électricité d’origine renouvelable ne couvre pas complètement les besoins des Français aux heures de pointe de consommation, notamment lors du pic de 19h en hiver, car ces sources d’énergies ne sont pas toujours disponibles en quantité suffisante à ce moment-là.
C’est ce passage de la pointe qui nécessite souvent d’utiliser des moyens de production carbonés comme des centrales thermiques. Donc, même en disposant d’une offre « 100 % électricité verte », tous les clients participent à cette fameuse « pointe ».
En clair, si souscrire une offre d’électricité « verte » constitue un vrai soutien aux énergies renouvelables, cela ne supprime pas l’impact sur l’environnement de notre consommation d’énergie.