Projet d’interconnexion par le Golfe de Gascogne (vidéo)
Cette vidéo réalisée par RTE présente le projet d’interconnexion électrique par le Golfe de Gascogne, une double liaison souterraine et sous-marine de près de 400 km entre la France et l’Espagne. Elle explique les bénéfices de ce projet pour la sécurité du réseau, l’intégration des énergies renouvelables et la réduction des émissions de CO₂, ainsi que les étapes clés de sa réalisation.
Ludivine MELLIER, directrice du programme interconnexions chez RTE : Le projet d'interconnexion au Golfe de Gascogne, c'est le projet de construction d'une double liaison électrique de près de 400 kilomètres, à la fois souterraine et sous-marine, entre la France et l'Espagne. Ce projet reliera le poste de Cubnezais en France, à proximité de Bordeaux, au poste de Gatika en Espagne, à proximité de Bilbao et il traverse le golfe de Gascogne. Donc développé, porté par RTE et par son homologue espagnol Red Électrica.
Ramon GRANADINO GOENECHEA, directeur de la planification et du développement des installations chez Red Électrica : L'interconnexion entre l'Espagne et la France apporte des avantages dans quatre domaines fondamentaux. Le premier est l’augmentation des capacités d’échanges électriques entre les deux pays passant de la capacité actuelle de 2 800 mégawatts à un total de 5 000 mégawatts après la mise en service de l’interconnexion. Le deuxième avantage apporté par le système réside dans sa sécurité et sa fiabilité. La complémentarité des systèmes interconnectés, dont la capacité d’échange est renforcée, améliore et augmente leur sécurité et la fiabilité de l’approvisionnement. Le troisième aspect qu’apporte ce projet est l’amélioration de l’efficacité et la réduction des coûts, grâce à une meilleure exploitation de systèmes et des éléments interconnectés, aussi bien en France qu’en Espagne. Et le quatrième avantage réside dans la durabilité, grâce à une meilleure et une plus grande intégration des énergies renouvelables, des deux côtés de la frontière avec cette nouvelle interconnexion.
Juan PRIETO MONTERRUBIO, directeur de projets chez Red Électrica : L’aspect social a été très important dans ce projet depuis le début. Pendant environ cinq ans, de 2017 à 2022, nous avons mis en place un processus d’écoute active et de communication transparente pour recueillir les idées des territoires, les intégrer dans nos études et chercher la solution de consensus, la meilleure solution possible pour le projet. Et c’est pourquoi ce projet est enfoui et prévoit l’élimination de lignes existantes pour améliorer l’impact paysager. Et au niveau environnemental, nous cherchons à protéger la faune et la flore locales, avec es mesures de protection de l’environnement et des paysages à l’issue des travaux pour remettre la zone dans son été d’origine.
Emmanuel GOSSET, directeur de projets chez RTE : Tout au long du projet, RTE s'est attachée à communiquer et dialoguer avec les parties prenantes, que ce soit les riverains, les collectivités territoriales, les services de l'État. Dans la phase de définition du projet, une partie a été faite sous l'égide de la CNDP, Commission nationale des débats publics, avec par exemple l'organisation de plusieurs ateliers pour récolter les avis des riverains.
Juan PRIETO MONTERRUBIO : Le plus grand mérite du projet jusqu’à présent a été de pouvoir débuter la phase de construction. Cela a été possible après un long processus d’études très détaillées et minutieuses et une phase exhaustive de démarches administratives et environnementales, qui a abouti à l’obtention de toutes les autorisations environnementales dans les deux pays.
Emmanuel GOSSET : Tout d'abord, il faut préciser que ce projet se décompose en plusieurs chantiers. Aux extrémités des liaisons électriques, on trouve des stations de conversion. Pour la partie française, les travaux sont en cours pour l'édification des bâtiments. À fin juin 2025, tous les bâtiments seront édifiés.
Juan PRIETO MONTERRUBIO : Nous travaillons désormais sur toutes les phases du projet. En Espagne, à la station de conversion de Gatika, nous sommes ne train de construire les bâtiments. Pour ce qui est de travaux en mer, ils sont prévus pour la fin du printemps de l’année prochaine et les campagnes d’installation dureront jusqu’en 2027.
Emmanuel GOSSET : Pour les travaux liaison souterraine, les travaux de tranchée sont en cours et débute les travaux d'implantation de ce qui s'appelle les chambres de jonction. Les chambres de jonction sont les installations qui vont permettre plus tard de connecter, entre eux, deux bouts de câbles. À partir de fin 2025, va débuter la phase de déroulage des câbles jusque mi-2027.
Juan PRIETO MONTERRUBIO : La phase d’essai de l'interconnexion devrait commencer en 2027 initiée en 2027 et la mise en service devrait s’achever en 2028.
[300 personnes mobilisées sur le chantier en France et 145 personnes sur le chantier en Espagne. Les travaux ont débuté en octobre 2023]
Emmanuel GOSSET : Cette liaison d'interconnexion, elle est à la fois exceptionnelle et unique à plus d'un titre. Déjà par son ampleur, 400 kilomètres séparent la station de Gatika en Espagne et la station de Cubnezais en France. Par sa consistance, les micro-tunnels en France, trois micro-tunnels parmi les plus longs d'Europe. Les forages dirigés sous Dordogne et sous Garonne : 1 300 mètres chacun. Le linéaire de liaisons souterraines : 105 kilomètres en France. Par ailleurs, ce projet est unique par les bénéfices qu'il apporte à la collectivité. Grâce à cette interconnexion, l'intégration d'énergies renouvelables supplémentaires va permettre d'économiser 600 000 tonnes de CO2 par an. C'est ce qu'absorbe l'équivalent de 480 k2 d'arbres.
Ramon GRANADINO GOENECHEA : La collaboration entre Red Électrica et RTE est l'application de solutions innovantes du point de vue environnemental font de ce projet un pilier fondamental dans la transition écologique et la poursuite des objectifs de durabilité de l'Union européenne.
Ludivine MELLIER : C'est un projet qui a été qui a été désigné comme projet d'intérêt commun par l'Union européenne et à ce titre, il bénéficie d'une subvention très importante. RTE et Red Électrica vont toucher près de 600 millions d'euros de l'agence CINEA, qui est en charge des subventions européennes pour les projets énergétiques.