[VIDÉO] Nota Bene - Comment on transporte l'électricité ? (19:28)
Transcription de la vidéo - Nota Bene - Comment on transporte l'électricité ? (19:28)
Il va falloir me croire sur parole si vous n’en avez pas mais il y a un dicton bien connu des amateurs de cheminées : “le bois chauffe trois fois”. D’abord, quand on le coupe, on a droit à une bonne suée. Ensuite, quand on le transporte, et qu’on se trimballe des kilos de bûches, de branches et de petit bois. Et enfin, quand on le brûle. Le calcul est bon : le bois chauffe trois fois.
Et même si on l’oublie souvent, c’est le cas de toutes les énergies au fond : OK il faut produire, mais ensuite il faut aussi transporter, distribuer, encadrer la consommation. Et ça, qu’on parle de gaz, de pétrole ou d’électricité.
Alors certes, pour l’électricité, c’est un poil plus compliqué que pour le bois ! La production s’opère à travers des centrales nucléaires ou thermiques, des panneaux solaires, de l’éolien, des usines marémotrices, de l’hydroélectrique, du géothermique, de la biomasse, bref, vous voyez le truc. Mais ensuite, il faut que cette électricité soit envoyée ailleurs pour être utilisée, parfois sur de très longues distances. On passe donc à la phase de Transport et pour ça, on utilise des lignes à haute tension et à très haute tension. Et au final, quand on arrive à destination, on ne se branche pas directement sur votre habitation, sinon ça risque de faire un peu beaucoup pour votre frigo. Cette électricité transportée est donc distribuée à travers des lignes de moyennes et basses tensions pour que je puisse écrire les lignes de ce script confortablement installé devant mon ordinateur, en chaussons.
Mais comment on a eu l’idée de “transporter” de l’électricité. Ça peut paraître bête comme question mais c’est une énergie invisible et qui ne pèse rien… ça ne se fait pas dans des tuyaux ou des barils ! Alors qui a fabriqué les premiers réseaux de transport d’électricité ? Et comment ça a été perçu par le grand public ?
[Le réseau de transport d’électricité - Réalisé en partenariat avec RTE, le réseau de transport d'électricité]
Attention spoiler, ça ne s’est pas fait d’un coup du jour au lendemain ! Les très grandes inventions, celles qui bouleversent tout le cadre économique et social, sont rarement adoptées du jour au lendemain. En fait, l’invention n’est qu’une première étape. Il faut ensuite qu’elle soit acceptée, et qu’elle se déploie.
Dans le cas de l’électricité, sa découverte et ses premiers pionniers sont très anciens, par exemple, la pile photovoltaïque date de 1800. Mais ensuite vient une seconde étape : la société réfléchit. Face à une telle découverte, comment va-t-on l’utiliser ? Pourquoi on en a besoin ? Est-ce qu’elle présente des risques, et est-ce qu’on en a peur ?
Par exemple, dans les années 1890, les Allemands ont souvent des stations électriques quatre fois plus puissantes que nous : pour eux, l’électricité est pratique pour alimenter des tramways, d’énormes usines et des machines puissantes. La lumière, c’est superflu. En France, au contraire, la question de la lumière est perçue comme centrale, presque “magique”, car elle assure la beauté, le confort et la sécurité de métropoles comme Paris, la “Ville Lumière”. D’ailleurs, on l’appelle la “Fée Électricité”. Et clairement, c’est du luxe et du glamour !
L’étape numéro 3 n’arrive qu’après : c’est la diffusion de l’invention. Et forcément, elle dépend de l’étape 2. Voilà pourquoi, en France, l’Histoire du réseau électrique ne date que des années 1900… Soit un bon siècle après la pile de 1800, parce qu’il a fallu d’abord définir nos besoins, digérer nos craintes, et faire évoluer nos usages.
Et même là, une fois ce pas psychologique franchi, ce n’est toujours pas évident de fonder un réseau unifié ! En fait, faut se dire que sur la période 1900-1914, beaucoup de grands industriels préfèrent produire leur propre électricité en privé !
C’est marrant parce qu’on continue parfois d’avoir peur mais plus de l’invention elle-même… plutôt de ceux qui ont la main dessus !
D’abord, il y a un premier élan, très positif : en 1900, la ville de Paris inaugure son métro électrique, alimenté par un courant électrique de 600 V. Tout ça vient d’une puissante usine thermique placée à Saint-Denis. Les pouvoirs publics ont donc besoin d’un réseau puissant et régulier.
Mais c’est aussi le cas des six concessions privées de la capitale : selon les secteurs, Paris commence à ressembler de plus en plus à Berlin, et à maximiser l’utilisation de l’électricité pour les usines et la force motrice… Sauf que des petits réseaux privés, clos et séparés les uns des autres, ça crée des pertes et ça n’optimise pas la consommation de l’énergie produite. En plus chacun monte son truc comme il veut, quitte à inonder la voie publique de câbles.
Le 15 juin 1906, une nouvelle loi met fin à ce chaos de lignes qui vont dans tous les sens. Et en 1907, on trouve même la solution idéale : tout simplement, interconnecter les réseaux entre eux pour réguler tout ça à l’aide de grandes lignes de 12 000 V.
On dit souvent que c’est EDF, en 1946, qui a unifié toute la production électrique française. Et c’est vrai ! Seulement, le constat est un peu plus nuancé concernant les réseaux : sur le terrain, l’idée d’un réseau reliant les régions entre elles est née et a été appliquée très tôt, des décennies avant l’apparition d’EDF !
Et pas qu’à Paris : si vous avez vu mon épisode sur la vie à la montagne, vous savez que Grenoble a été très tôt entièrement éclairée à l’électricité, grâce aux barrages hydrauliques dans les Alpes, en 1903 !
Quelques années plus tard, ça ne loupe pas : la Compagnie électrique de la Loire et du Centre connecte, en plus, Grenoble à Saint-Chamond. Ce ne sont plus 12 000, mais 60 000 V qui relient les deux villes : ce n’est donc pas que la capitale qui s’unifie, mais plein de secteurs du pays !
Mais si ce raccordement au réseau est bénéfique pour tous sur le papier, pour certains, la nouveauté suscite un peu de crainte…
Et oui ! Car qui peut nous garantir qu’il n’y aura pas un problème à l’autre bout de la ligne ? comment s’assurer que l’alimentation électrique est sécurisée et équilibrée ? Comment se défendre si un individu malveillant avait l’idée saugrenue de saboter le réseau ?
C’est la naissance de la célèbre “Peur du Rouge” : on craint que des anarchistes plongent le pays dans leur Grand Soir, censé faire s’écrouler la société. Car oui, on pourrait cibler la capitale, siège du gouvernement, mais aussi les autres villes, voire réseau de villes, comme c’est le cas dans la Loire.
Voilà pourquoi tant de grands patrons et industriels continuent de produire leur propre électricité à même leur usine. Et c’est la même chose pour la Banque de France, ou pour les journaux, dont les opérations sensibles dépendent du courant : ils préfèrent s’alimenter eux-mêmes… en tout cas, jusqu’en 1914 !
En effet, l’entrée en guerre marque un tournant : idéologiquement, le mouvement d’Union Sacrée apparaît. Donc les anarchistes et les révolutionnaires sont battus en brèche : le pays veut survivre, et rejette ceux qui prônent la destruction du système !
Et techniquement, les industries vont avoir leur rôle à jouer dans la guerre. Donc, ça y est : on adhère maintenant à 100 % à l’idée de relier les réseaux électriques à travers tout le territoire national.
Dans le contexte du moment, ça fait sens ! J’en ai parlé dans mon épisode sur le barrage le plus résistant de France : durant les deux guerres mondiales, c’est la même prise de conscience. Quand nos usines de charbon du nord sont occupées, il faut compter sur l’hydroélectricité, mais aussi sur un réseau national unifié, pour alimenter le front — ou même la vie civile en général !
C’est particulièrement criant dans les années 20-30 : en 1922, toujours vers les Alpes décidément, on monte d’un cran en reliant Saint-Chamond et le barrage de Beaumont-Monteux. Mais on passe à 120 000 V : c’est deux fois plus qu’en 1909, et dix fois plus qu’en 1907 !
Puis le 19 juillet 1922 une nouvelle loi donne à l’État un pouvoir incroyable : pouvoir obliger la création d’organismes collectifs de transport d’électricité si nécessaire. Bien sûr, l’État est prêt à aider, en investissant lui-même.
Pour résumer, on a donc plusieurs réseaux qui sont connectés entre eux suivant un plan d’ensemble. En 1923-1924, ce ne doit plus être Paris, ni Grenoble, ni les Alpes, mais bien le pays tout entier qui va peu à peu constituer un seul et unique immense réseau.
En 1932, nouvelle étape : les deux grands secteurs dont je vous parle depuis le début, à savoir les centrales hydrauliques du Massif central et la ville de Paris, sont reliées. À l’occasion, on est encore passé à une tension supérieure : 220 000 V cette fois !
En 1938, c’est l’année charnière, où on tire toutes les leçons des tranchées : en temps de guerre, il faut accepter un certain dirigisme de l’État. Le 17 juin 1938, on adopte donc le plan des “trois milliards” pour unifier tout le réseau national à 220 000 V. En réalité, ça va beaucoup plus loin, car on prévoit déjà de développer la radio, les premiers radars, et de dépenser 14 milliards, de 1938 à 1946, pour créer des ouvrages comme le barrage de l’Aigle, et alimenter tout le territoire et notamment la zone frontière avec l’Allemagne.
Donc si on résume : des lois en 1906, 1922, 1938, ça prouve que les pouvoirs publics s’engagent à fond dans le réseau ! Mais ce réseau lui-même, il répond à des besoins, petits et grands : la lumière pour le confort, les transports dans les grandes villes, mais aussi l’industrie et la défense nationale !
1938 on est donc en plein élan mais… arrive la Seconde Guerre et l’Occupation avec toute une “guerre secrète” pour contrôler l’électricité !
Après la guerre, on décide de la nationalisation des secteurs du gaz et de l’électricité, avec la création d’EDF ! Et attention, la loi du 8 avril 1946 parle bien de tout : la production, le transport, la distribution, l’importation et l’exportation d’électricité !
Au début de l’épisode, je vous expliquais la différence entre transport et distribution d’électricité d’ailleurs. Eh bien cette distinction, pour la comprendre, faut aussi en faire un peu l’histoire ! Pour commencer, vers 1900 : les clients ont déjà la ligne électrique qui arrive chez eux. Elles font moins de 1 000 V, ce sont donc des lignes “BT”, pour “basse tension”.
Mais il existe déjà bien plus puissant : au-dessus de 1 000 V, on parle de ligne “HT” pour Haute tension. Par exemple, 12 000 V, puis 60 000 en 1909. Aujourd’hui, on appelle ça les “HTA”, et ça alimente votre commerce de proximité, ou bien l’entreprise où vous bossez.
Et s’il y a des “HTA”, il y a aussi des “HTB” qui apparaissent en 1922, lorsqu’on franchit la barre des 100 000 V. Les HTB, ou Très haute tension, ça fournit cette fois les transports ferroviaires, ou encore les industries lourdes, bref, tout ce que le progrès a conçu, l’électricité l’a mis en marche !
Mais ce n’est pas fini ! Dans la catégorie du transport pur et dur, qui va traverser tout le pays avec le moins de pertes possibles, on utilise notamment les lignes HTB2, des très hautes tensions très puissantes ! En 1946 elles se limitent à 250 000 V, mais dans les années 70, elles passent la barre des 400 000 V !
400 000 V c’est un peu du délire quand on repense aux 600 V du premier métro parisien ! Alors qu’est-ce qui a bien pu changer dans l’histoire française, entre les années 40 et 70 pour connaître une telle progression ? Eh bien… le nucléaire, tout simplement !
Depuis 1946, on n’arrête ni le progrès, ni les investissements massifs : le grand plan national n’a jamais arrêté de développer le réseau pour relier toutes les grandes villes directement aux lieux de production : par exemple, les centrales thermiques de la Lorraine et du Nord, ou les centrales hydrauliques des Alpes et des Pyrénées.
Puis, c’est les premiers réacteurs nucléaires expérimentaux et civils : là je ne vous refais pas le topo, car on s’est déjà régalés en faisant un reportage à Chinon, sur l’étrange naissance de la 1re centrale nucléaire française. Elle est pleinement lancée en 1963, mais dès 1959, on a ouvert une première ligne à 400 000 V, entre Paris et les Alpes.
Ce type de lignes est absolument vital pour raccorder ce nouveau genre de centrales entre elles et c’est en fait tout un programme civil qui a été anticipé et préparé à l’avance pour ça. Ça s’intègre parfaitement dans le réseau.
On va prendre un exemple, tiens : celui de Dunkerque à cette époque. En 1962, sa toute nouvelle centrale utilise du gaz des hauts fourneaux. Mais l’industrialisation fait exploser sa population, qui passe très vite de 70 000 à 200 000 habitants ! On se doute qu’il va falloir acheminer de l’électricité afin d’alimenter tout ça !
En effet, quand on parle d’énergie, transporter, c’est aussi essentiel que produire : avoir du chauffage, de l’eau et de la lumière à la maison, c’est bien… Mais si on n’a ni tuyaux ni câbles, on va limiter tout ça à une seule pièce de la maison !
C’est pareil à l’échelle d’un pays : si on se limite aux grandes villes, ou aux axes principaux, alors il n’y a pas vraiment de service public ! Alors justement, comment ils ont fait à Dunkerque pour s’adapter ? On va y venir !
En 1973, le premier choc pétrolier frappe le monde entier, y compris cette grande zone industrielle de la Mer du Nord ! Sur le coup, les prix du gaz et du pétrole flambent, et les Français se questionnent sur leurs habitudes de consommation. C’est un peu une “première”, car tout le monde semble soudain s’apercevoir que, derrière tout ce confort, on dépend en fait beaucoup des énergies fossiles.
Alors, de la fin des années 70 jusqu’au début des années 90, le programme nucléaire civil prend toujours plus d’ampleur : comme on consomme de plus en plus d’électricité, mais qu’on veut acheter de moins en moins de pétrole, les nouvelles lignes de 400 000 V se mettent à connecter toute la France. Avec 58 réacteurs nucléaires en service, c’est 8 000 nouveaux km de lignes qui se déploient !
Dans les années 90, on joue aussi la carte européenne : le réseau français débouche sur des interconnexions électriques européennes, comme par exemple l’interconnexion sous-marine IFA 1, entre les Français et les Britanniques. Mais au total, on compte aujourd’hui 37 interconnexions aux frontières françaises, c’est énorme ! On transporte l’électricité de Lisbonne à Varsovie et on est même en train de construire une ligne marine qui va de la Bretagne à l’Irlande. Si en regardant l’actualité on voit que l’Europe n’est pas vraiment unie sur tous les plans, là, faut le dire, l’électricité, c’est probablement l’un des meilleurs contre-exemples !
Le but est toujours le même qu’aux origines : en connectant tout le réseau, on diminue les pertes, on répartit mieux, là où les besoins sont les plus importants. Et comme nous avons du nucléaire, et pas forcément tous nos voisins, ça veut aussi dire qu’on peut exporter l’électricité et la vendre ! Donc faire du profit, avec l’énergie ! Ça aussi, ce serait impossible sans le réseau tout simplement parce que l’électricité ne se vend pas en baril.
Problème, si l’électricité devient un marché, alors comment organiser la concurrence ? C’est simple : il faut séparer production, fourniture et transport. Les producteurs et les fournisseurs vont vouloir vendre. Les transporteurs, eux, auront pour tâche de répartir équitablement l’électricité partout, d’équilibrer les choses de façon à n’avantager aucun acteur en particulier.
C’est la raison pour laquelle, en 2000, est créé RTE, le Réseau de Transport d’Électricité : c’est lui qui gère de façon indépendante le transport de l’électricité, et uniquement les lignes à haute et à très haute tension.
Et voilà pourquoi ils m’ont contacté pour faire cet épisode : parce que le réseau de transport, c’est souvent une histoire méconnue, et qui paraît hyper récente, parce que RTE, ça date de l’an 2000.
En réalité, comme on a vu : la question du réseau, elle date de bien avant, des origines mêmes ! À chaque période de l’histoire, il a fallu que l’État planifie, que la loi veille, et qu’on établisse un plan rationnel, organisé au niveau national, pour le bien de tout le monde. Eh ouais, transporter de l’énergie, c’est pas comme vendre des petits pains : on parle de choix stratégiques, qui ont eu et auront encore une portée historique ! Par exemple l’objectif de la France pour 2050, c’est de sortir des énergies fossiles et donc d’électrifier un maximum tout ce qu’on peut. Avoir un réseau électrique solide, c’est ce qui va permettre de connecter les nouvelles usines et toutes les infrastructures à ces sources d’électricité décarbonée. Et pour y arriver, faut pas traîner !
C’est pour ça qu’aujourd’hui le réseau continue à évoluer, notamment pour s’adapter à la transition énergétique. Quelques lignes et plus de 20 postes à 400 000 V se sont ajoutés dernièrement. L’objectif étant comme toujours de renforcer et de sécuriser l’alimentation du territoire.
Sans compter qu’un réseau, même optimisé à fond, ça s’entretient : il peut vieillir, et surtout il faut l’adapter au changement climatique parce que les fortes chaleurs pourront avoir un impact sur les câbles et les crues pourraient menacer certains postes électriques qu’on devra parfois surélever ou déplacer pour les mettre en sécurité.
Et toutes ces rénovations et cette expansion vont continuer. Si on veut limiter l’empreinte carbone et diminuer la consommation des énergies les plus polluantes, pas le choix, il faut voir en grand !
Et c’est pour ça que RTE envisage de doubler nos capacités d’échange avec les pays européens voisins sous 15 ans, de développer des lignes dans les grandes zones industrielles et portuaires pour décarboner toute l’industrie possible et aussi de raccorder les nouveaux moyens de production, comme par exemple l’éolien en mer ou le nouveau nucléaire.
Ce n’est pas pour rien que je choisis comme exemple la zone de Dunkerque : elle fait partie de ces zones emblématiques en cours de décarbonation. Au fil du temps, c’est devenu un “Port autonome”, puis un “Grand port maritime”, autrement dit, un enjeu stratégique à l’échelle du pays tout entier.
Historiquement, c’est une ville industrielle qui a été sinistrée mais aujourd’hui on assiste à un véritable renouveau ! Je me trouve justement dans le poste électrique de Grande-Synthe, l’un des grands postes de la zone de Dunkerque. C’est hyper impressionnant quand on voit les transformateurs et les départs de lignes qui alimentent ce territoire et les industriels. Mais aujourd’hui les besoins en électricité sont tels que ce poste est saturé : il faut en construire de nouveaux. On a deux postes électriques en construction à proximité de celui-ci, par exemple le poste de Flandre-Maritime où les travaux viennent juste de commencer et qui sera un des plus grands postes de France ! Le développement de ce réseau accompagne les nouveaux besoins des industries qui se décarbonent en passant de l’énergie fossile à l’électricité. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’un des critères déterminants pour attirer de nouvelles industries dans le coin c’est bien la présence d’un réseau d’électricité efficace et moderne car les entreprises savent qu’elles vont pouvoir s’installer plus vite avec un réseau déjà présent. Il y a quelques années encore, les gigafactory, comme celle de Verkor, pour produire les batteries électriques, n’existaient pas. Mais aujourd’hui, elles sortent de terre et c’est aussi grâce au réseau : si la gigafactory s’implante, c’est parce qu’un poste électrique a été construit en anticipation, pouvant l’alimenter, et c’est ce qui a décidé l’industriel à s’y installer. Et en plus, Dunkerque va également connaître l’arrivée de nouveaux moyens de production décarbonés avec deux futurs EPR et un parc éolien offshore. La boucle est bouclée. Dunkerque, c’est donc l’illustration parfaite de cette évolution du réseau à l’échelle du pays.
La consommation a changé, le débit des grands réseaux n’est plus le même, mais fondamentalement, c’est toujours la même question : comment on s’organise en société ? Comment on bâtit un réseau qui unifie, qui démocratise l’accès à l’énergie pour tous, mais sans polluer davantage ? C’est quand même marrant de se dire que cette problématique, elle était déjà là dans des lois datant de 1906 !
Merci à l’accueil des équipes RTE sur place ! Dès qu’on touche à de l’histoire industrielle je dois dire que j’adore ça et c’est vraiment mon petit plaisir sur Nota Bene de pouvoir traiter ces sujets ! Et d’ailleurs il y a souvent des techniciens qui traînent dans l’espace commentaire donc si vous avez des questions n’hésitez pas à les poser, souvent ça donne de bonnes discussions qui enrichissent le sujet ! On compte sur vous pour liker et partager, ça soutient vraiment l’émission, et on se retrouve très bientôt pour de nouvelles vidéos !