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Perspectives pour le passage de l'hiver 2025-2026

Les perspectives pour la sécurité d’approvisionnement en électricité pour l’hiver 2025-2026 apparaissent très favorables. Le risque de déséquilibre entre l’offre et la demande en électricité lors du passage des pointes est très faible au vu du niveau de disponibilité anticipé du parc de production et du niveau de la consommation, qui reste stable depuis deux ans.

Au cours de l’année 2025, le contexte énergétique est resté marqué par une situation d’abondance de production par rapport à la consommation électrique récente.

D’une part, la consommation d’électricité se maintient à des niveaux structurellement bas, environ 6 % en dessous des niveaux 2014-2019, marquée par des effets pérennes des crises sanitaires et énergétique. Ce facteur contribue à réduire la pression sur le système électrique pendant les périodes de forte demande, notamment lors des vagues de froid hivernales.

D’autre part, le rétablissement de la disponibilité du parc nucléaire courant 2024 et 2025 s’est avéré rapide, avec une meilleure maîtrise des plannings de maintenance. Par conséquent, la disponibilité prévisionnelle du parc atteindra 55 GW fin décembre, soit un niveau proche de celui observé à la fin des années 2010.

Par ailleurs, les énergies renouvelables continuent de se développer, contribuant à compléter l’approvisionnement en électricité. Les stocks hydrauliques atteignent des niveaux de remplissage dans la moyenne historique malgré des conditions météorologiques moins favorables que l’an dernier. Enfin, les stocks de gaz, à la fois en France et en Europe, demeurent à des niveaux élevés, constituant ainsi un élément favorable pour garantir la contribution des centrales à gaz à la sécurité d’approvisionnement hivernale.

Au niveau français, cette situation se traduit également dans les fondamentaux du marché et du système électrique : les prix français sur le marché de gros de l’électricité sont parmi les plus bas d’Europe et la part d’électricité bas-carbone dans le mix électrique avoisine les 95 %.

Dans ce contexte, le risque pour le passage des pointes hivernales en France apparaît très faible pour l’hiver 2025-2026. Ce diagnostic prolonge ainsi les perspectives publiées par RTE et tend à abaisser l’évaluation du risque pour l’hiver à venir.

Des situations de défaillance et de recours aux moyens de sauvegarde ne peuvent pas être totalement exclues mais apparaissent très peu probables. Ces configurations n’interviendraient qu’en cas de combinaison de plusieurs aléas défavorables : hausse rapide de la consommation, aléas importants et soudains sur la disponibilité du parc nucléaire, vague de froid prolongée ou encore limitations importantes des imports.

À l’inverse, dans le contexte de développement des capacités renouvelables en France et en Europe et de la consommation restant atone à court terme, l’hiver pourrait être marqué par des épisodes de surplus de production, notamment lors des périodes de baisse d’activité autour de la fin de l’année. Ces périodes d’abondance de production présentent désormais des défis importants pour l’exploitation du système, qui sont détaillés dans le Bilan prévisionnel 2025.

Ce contexte, qui contraste avec les risques anticipés pour la sécurité d’approvisionnement à l’hiver 2022-2023, constitue désormais un avantage pour accueillir les nouveaux usages de l’électricité, dans la perspective de réussir la décarbonation et la réindustrialisation de la France.